Par AN-Lementor.net
À peine constitué, déjà fragilisé. Le groupe parlementaire Agir, porté par l’ex-député du PPACI Stéphane Kipré, traverse une zone de fortes turbulences à l’Assemblée nationale ivoirienne. La démission officielle d’un député, combinée à un second départ annoncé, pourrait ramener l’effectif du groupe à six élus, en deçà du seuil réglementaire de huit députés requis pour conserver le statut de groupe parlementaire.
Cette perspective fait planer une lourde menace sur les avantages institutionnels jusque-là acquis, notamment les postes de vice-président de l’Assemblée nationale, de présidents de commission et autres responsabilités stratégiques réservées aux groupes constitués.
Malgré ce contexte défavorable, Stéphane Kipré, ancien cadre du PPACI actuellement suspendu, n’entend pas baisser les bras. Il multiplie les démarches et consultations politiques, mettant en avant ses réseaux internationaux, y compris des relations avec des chefs d’État étrangers, afin de convaincre d’éventuels ralliements. Son argumentaire s’appuie également sur la nécessité de renforcer la diversité politique et la vitalité démocratique au sein de la représentation nationale.
Toutefois, les tensions ne sont pas uniquement numériques. En interne, au moins deux députés encore membres d’Agir contestent la présidence de Stéphane Kipré. Ils estiment que son positionnement idéologique marqué à gauche ne correspond pas à leur trajectoire politique, bien qu’ils se situent eux-mêmes en dehors du RHDP. Ces élus plaident pour un leadership plus consensuel et politiquement moins clivant.
Dans l’hypothèse d’une disparition du groupe Agir, le paysage parlementaire ivoirien s’articulerait, pour l’heure, autour de quatre blocs en cours de structuration : le RHDP, le PDCI-RDA, un regroupement d’indépendants et de dissidents issus du RHDP, ainsi que le groupe conduit par Guillaume Gbato.
Parallèlement, plusieurs députés ayant pris leurs distances avec le RHDP s’attendent à des mesures disciplinaires imminentes. En anticipation, ils envisagent la mise en place d’un groupe parlementaire transitoire, proche idéologiquement du parti au pouvoir, dans l’attente de sanctions éventuelles suspensions ou autres et dans l’espoir d’un geste de clémence de la direction du parti.
Dans ce climat d’incertitude, la question demeure est il possible que Stéphane Kipré réussira-t-il à fédérer suffisamment d’élus pour imposer Agir comme le cinquième groupe parlementaire de la législature ?
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