La rédaction | Lementor.net
Il est venu dire merci. Il repart avec quelque chose de plus. Le 4 avril dernier, dans la salle de mariage de la mairie de Cocody, le maire Jean-Marc Yacé a officiellement intronisé Koffi Olomidé citoyen d’honneur de la commune. Discours, chefs traditionnels Ébrié, personnalités — la cérémonie avait tout d’un moment solennel. Et puis Koffi a pris la parole. Et Koffi a dit ce que personne n’attendait vraiment.
« Je demande aux autorités ivoiriennes de me donner, à moi et à mon épouse, un passeport ivoirien afin de demeurer avec mes frères. » Visiblement ému, le père du tchatcho a ajouté qu’il se déclarait désormais « ivoirien » — et même « Yacéen », en référence affectueuse au maire qui venait de l’honorer. Dans la salle, les rires et les applaudissements ont couvert la fin de sa phrase. Mais la demande, elle, était sérieuse.
Koffi Olomidé et la Côte d’Ivoire, c’est une histoire qui dure depuis des décennies. Le Congo l’a vu naître, mais c’est Abidjan qui l’a propulsé. Dans les années 90 et 2000, quand la rumba congolaise conquérait l’Afrique de l’Ouest, Abidjan était la première ville à ouvrir ses bras, ses radios, ses salles de concert. « Je suis venu redire merci à la Côte d’Ivoire qui m’a propulsé dans toute l’Afrique », confie-t-il. Ce n’est pas de la politesse de plateau. C’est de la reconnaissance sincère d’un homme qui sait ce qu’il doit à ce pays.
Le lendemain, le 5 avril au Sofitel Hôtel Ivoire, le concert affichait complet. Plusieurs heures de rumba, de nostalgie et d’énergie pure devant un public qui connaissait chaque ligne de chaque titre. Le Quadra Koraman — surnom que ses fans lui donnent — a prouvé une fois de plus que le temps n’érode pas les grandes voix. Il en ressort avec une distinction honorifique, une salle comble, et une déclaration d’amour publique à un pays qui n’est pas le sien mais qui le traite comme des siens.
Le passeport ivoirien, il l’aura ou pas — c’est une question administrative qui dépasse les acclamations d’une cérémonie. Mais ce que cette visite dit de la Côte d’Ivoire, c’est plus intéressant que la démarche elle-même. Abidjan reste ce carrefour culturel unique en Afrique de l’Ouest où les artistes du continent viennent chercher une validation, une audience, une reconnaissance qui dépasse les frontières nationales. Koffi Olomidé n’est pas le premier à tomber amoureux de cette ville. Il ne sera pas le dernier.
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