La rédaction | Lementor.net
Chaque année, c’est la même histoire. Les premières pluies tombent, les rues se transforment en rivières, les quartiers bas sont inondés, et les habitants de Cocody, de Yopougon, de PK24 retrouvent leur salon sous les eaux. Puis le soleil revient, on nettoie, on oublie. Jusqu’à l’année suivante.
Cette année, le gouvernement affirme que c’est différent. Un plan en trois phases, annoncé et détaillé, pour gérer la saison 2026 qui s’installe progressivement sur Abidjan. Curage des caniveaux et des canaux avant les grandes pluies, renforcement des dispositifs d’évacuation dans les zones à risque identifiées, et déploiement d’équipes d’intervention rapide pour les situations d’urgence. La saison devrait apporter environ 1 500 millimètres de pluies selon les prévisions météorologiques — un volume normal pour Abidjan, mais suffisant pour saturer une infrastructure urbaine qui n’a pas suivi la croissance explosive de la ville.
Les zones les plus exposées restent les mêmes que les années précédentes. PK24, où des milliers de familles vivent en zone inondable sans avoir d’autre choix. Certains secteurs de Cocody, notamment les quartiers proches des bas-fonds. Yopougon, dont plusieurs quartiers populaires se retrouvent coupés à chaque grande pluie. Ce ne sont pas des surprises — ce sont des réalités connues depuis des années, cartographiées, documentées. Ce qui manque ce n’est pas l’information, c’est la transformation durable de ces zones.
Le plan gouvernemental est nécessaire. Mais les Abidjanais ont appris à distinguer les annonces des résultats. La saison des pluies sera le vrai test. Et si les caniveaux sont curés en avril mais à nouveau engorgés en juin faute d’entretien continu, la question reposera, une fois de plus, sur la table.
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