La rédaction | Lementor.net
Le Conseil national des droits de l’homme n’a pas fini de faire parler de lui. Depuis l’élection de Dr Christian Arnaud Adjelou à sa présidence le 24 mars dernier, la polémique ne retombe pas. Et jeudi 16 avril, lors de la 43e tribune du PPA-CI, Justin Koné Katinan a franchi un cap supplémentaire. Le vice-président du parti a annoncé l’intention de saisir les instances internationales — le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme en tête — pour contester cette nomination, qu’il qualifie de mascarade institutionnelle.
Les griefs du PPA-CI tiennent en un mot : impartialité. En décembre 2025, sur le plateau de NCI 360, le Dr Adjelou avait lui-même déclaré publiquement : « Depuis 2002, je suis militant du RDR et je ne l’ai jamais caché. » Pour l’opposition, un militant déclaré du parti au pouvoir ne peut pas diriger une institution censée défendre les citoyens face à l’État. C’est l’argument central, et il n’est pas sans fondement formel.
Sauf que la réalité est plus complexe. Le CNDH, dans une déclaration officielle publiée le 16 avril, rappelle que son fonctionnement repose sur un collège de douze membres issus de divers horizons socioprofessionnels, et que ses décisions procèdent d’un cadre de délibération collective. Un président, même partial, ne décide pas seul. Les Principes de Paris — normes internationales de l’ONU sur les institutions nationales des droits de l’homme — exigent le pluralisme de la composition, pas nécessairement la virginité politique du président.
Dr Adjelou, Docteur en droit et enseignant-chercheur, a pour sa part réaffirmé lors de sa prise de fonction sa volonté de diriger le CNDH avec impartialité, rigueur et au-delà des sensibilités politiques. Engagement solennel, dont la valeur sera mesurée dans les actes — pas dans les tribunes d’opposition.
Ce qui est certain, c’est que cette affaire révèle une tension plus profonde. En Côte d’Ivoire, les institutions indépendantes restent un terrain de bataille politique. L’opposition veut des garanties. Le pouvoir veut avancer. Et au milieu, une institution dont la crédibilité conditionne la confiance des citoyens dans l’État de droit. C’est ça, le vrai enjeu — bien au-delà du profil d’un homme.
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