Par La Rédaction | Lementor.net
Le 11 juin 2026, à 19h30 heure locale, dans un Estadio Azteca bouillonnant de soixante-dix mille spectateurs mexicains en délire, la 23e édition de la Coupe du monde de football a officiellement pris son envol. Le Mexique a battu l’Afrique du Sud deux buts à zéro dans un match d’ouverture qui a tenu ses promesses d’ambiance sinon entièrement ses promesses de spectacle. Et avec ce coup d’envoi, la plus grande compétition sportive de la planète a commencé son déroulement sur les trois pays hôtes, États-Unis, Canada et Mexique, pour six semaines qui s’annoncent d’une densité et d’une intensité sans précédent dans l’histoire du football mondial.
Ce Mondial 2026 est historique à plusieurs titres qui méritent d’être énoncés clairement. C’est le premier Mondial à 48 équipes, soit seize de plus que le format traditionnel à 32 qui avait prévalu depuis 1998. Ce sont 104 matches disputés sur trois pays hôtes, dans seize stades répartis du Mexique à Vancouver en passant par New York, Boston, Los Angeles, Miami, Toronto et Seattle. C’est le tournoi le plus long de l’histoire, avec une phase de groupes qui s’étend sur plus de deux semaines et une finale prévue le 19 juillet à New York. Et c’est la première fois que dix équipes africaines participent simultanément à une Coupe du monde, un record absolu qui traduit la montée en puissance du football africain et la reconnaissance par la FIFA de la place que le continent mérite dans la gouvernance mondiale du sport.
Ces dix équipes africaines constituent le panorama le plus diversifié que le continent ait jamais envoyé sur la scène mondiale. Le Maroc, dont la demi-finale au Qatar en 2022 avait provoqué une onde d’émotion continentale sans précédent, arrive en Amérique du Nord avec le statut d’outsider sérieux et la pression de confirmer un statut que les Lions de l’Atlas ont mis des décennies à construire. Le Sénégal, champion d’Afrique en titre depuis sa victoire à la CAN Maroc 2025, dispose de l’une des sélections les plus complètes du continent avec une armature de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats européens. La Côte d’Ivoire fait son grand retour après douze ans d’absence, portée par une dynamique de préparation exceptionnelle et la fièvre d’un pays entier qui attend depuis trop longtemps que ses Éléphants franchissent enfin le premier tour.
Le match d’ouverture a donné le ton de ce qui attend les équipes africaines dans les premiers jours. L’Afrique du Sud, seule représentante africaine de cette première journée, a subi la loi du Mexique deux buts à zéro dans un Azteca en fusion. Les Bafana Bafana ont résisté un temps avant de se désunir sous la pression mexicaine, incapables de trouver les ressources offensives pour inquiéter un gardien mexicain rarement sollicité. Ce résultat ne dit rien de définitif sur la valeur des équipes africaines dans ce tournoi, mais il rappelle que les Coupes du monde se gagnent sur la rigueur tactique et la maîtrise des grands moments, deux qualités qui s’acquièrent dans l’expérience des compétitions majeures que certaines des sélections africaines sont encore en train d’accumuler.
Les prochains jours vont préciser les contours de cette compétition historique pour le football africain. Le 14 juin, les Éléphants de Côte d’Ivoire entrent en lice contre l’Équateur à Philadelphie. Le 15 juin, le Maroc affrontera son premier adversaire de groupe. Le 16 juin, les Lions du Sénégal joueront contre la France au MetLife Stadium de New Jersey dans l’un des matches les plus symboliquement chargés de cette édition, un duel franco-sénégalais qui dépasse le cadre du football pour entrer dans celui des relations postcoloniales et de l’affirmation identitaire africaine sur la scène mondiale. La présence annoncée du président Bassirou Diomaye Faye dans les tribunes de New Jersey ne fera que souligner la dimension politique de cette rencontre.
Ce Mondial 2026 sera jugé à ses résultats pour l’Afrique. La question n’est plus celle de la participation. Elle est celle de la performance. Après la demi-finale marocaine de 2022, après les trois quarts de finalistes africains de ce même tournoi, l’ambition a changé d’échelle. L’Afrique ne vient plus aux Coupes du monde pour apprendre. Elle vient pour gagner. Et les prochaines semaines diront si cette ambition est portée par les moyens qui lui correspondent.
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