Par La rédaction | Lementor.net
Ce samedi 1er août 2026, la Direction générale des ressources halieutiques a officiellement levé l’interdiction de pêche artisanale maritime qui avait été instaurée sur l’ensemble du littoral ivoirien dans le cadre du repos biologique annuel 2026. Les pêcheurs artisanaux des communes d’Abidjan, de Grand-Bassam, d’Assinie, de Jacqueville, de Sassandra, de San Pedro et de toutes les localités côtières peuvent reprendre leurs activités à compter de ce jour.
Le repos biologique est une mesure de conservation des ressources marines que la Côte d’Ivoire applique chaque année depuis plusieurs décennies. Son principe est simple : pendant une période déterminée, les pêcheurs artisanaux suspendent leurs activités pour permettre aux poissons de se reproduire et aux stocks halieutiques de se reconstituer. Cette pause saisonnière s’appuie sur des données scientifiques produites par le Centre de Recherches Océanologiques d’Abidjan qui surveille l’état des ressources marines ivoiriennes et détermine les périodes optimales pour le repos des espèces les plus exploitées.
Pour les pêcheurs artisanaux qui vivent exclusivement de leur activité, le repos biologique est une contrainte économique réelle. Pendant les semaines d’interdiction, les revenus s’arrêtent. Les familles s’endettent parfois pour couvrir les dépenses courantes en attendant la reprise. Les quartiers de pêcheurs comme Locodjoro à Abidjan, Grand-Jack à Grand-Bassam ou les villages lacustres de l’est du pays vivent cette période avec une tension économique que les statistiques nationales ne mesurent pas suffisamment. Des mécanismes de compensation financière pendant le repos biologique ont été évoqués à plusieurs reprises par le ministère des Ressources animales et halieutiques sans jamais être entièrement formalisés et financés.
Ce 1er août, les pirogues reprennent donc la mer. Les filets qui séchaient sous les cocotiers retrouvent leur vocation. Les marchés de poisson frais de Grand-Bassam, de Vridi-Canal et de Marcory verront dans les prochains jours leurs étals regarnir. Pour les consommateurs abidjanais dont le régime alimentaire intègre le poisson comme protéine principale, cette reprise dit la fin d’une période de prix élevés liée à la rareté relative des prises locales.
La remise en service de la pêche artisanale intervient dans un contexte de renforcement du secteur halieutique ivoirien. Le PND 2026-2030 inclut le développement de la pêche et de l’aquaculture parmi ses axes stratégiques de sécurité alimentaire et de diversification économique. La Côte d’Ivoire importe encore une part significative de ses besoins en poisson malgré un littoral de plus de 550 kilomètres et une façade sur le Golfe de Guinée dont le potentiel halieutique reste partiellement inexploité. Développer une pêche industrielle nationale durable, renforcer la chaîne de froid pour réduire les pertes post-capture et améliorer les conditions de travail des pêcheurs artisanaux sont autant de chantiers que le ministère devra ouvrir sérieusement sur la période du PND.
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