Par La Rédaction | Lementor.net
MTN Côte d’Ivoire renforce son réseau pour connecter davantage de communautés en zone rurale. Cette annonce publiée par Abidjan.net du 11 septembre 2026 dit la poursuite d’un objectif inscrit simultanément dans la licence opérateur de MTN, dans le PND 2026-2030 et dans la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle SNIA 2030 qui fixe des ambitions numériques ambitieuses pour la Côte d’Ivoire à l’horizon de cette décennie. Elle dit aussi que la bataille de la connectivité ivoirienne se joue maintenant moins dans les centres urbains déjà raisonnablement couverts que dans les zones rurales où des millions d’Ivoiriens n’ont pas encore accès à un réseau mobile de qualité suffisante pour profiter des services numériques qui transforment les économies africaines.
MTN Côte d’Ivoire est l’un des trois opérateurs de télécommunications qui couvrent le territoire ivoirien avec Orange et Moov Africa. Sa présence commerciale est significative dans les zones urbaines et périurbaines. Mais la couverture déclarée et la qualité effective du service en zone rurale sont deux réalités différentes que l’ARTCI dont nous avons couvert le renforcement du suivi le 3 septembre 2026 cherche précisément à rapprocher. Les statistiques officielles indiquent une couverture dépassant 95 % de la population ivoirienne. Mais ces statistiques mesurent la présence d’un signal, pas sa qualité ni sa stabilité. Un signal qui permet d’envoyer un SMS dans un village de la région du Hambol n’est pas le même qu’un signal qui permet de télécharger le cours d’un enseignant sur une plateforme d’apprentissage à distance, d’accéder à une application de Mobile Money pour recevoir le paiement de sa récolte de cacao ou de consulter les cours agricoles sur une plateforme numérique. La différence entre ces deux niveaux de service dit l’ampleur réelle du déficit de connectivité rurale que les statistiques de couverture ne mesurent pas.
Ce renforcement du réseau rural de MTN dit plusieurs choses sur la dynamique de la stratégie numérique ivoirienne. Il dit d’abord que les opérateurs privés continuent d’investir dans l’extension de leur couverture au-delà des zones urbaines rentables à court terme, soit parce que leurs licences l’exigent avec des obligations de couverture progressive documentées, soit parce qu’ils ont identifié un marché rural dont la croissance justifie cet investissement à moyen terme. Le marché rural ivoirien représente plusieurs millions d’utilisateurs potentiels de Mobile Money, de plateformes agricoles numériques et de services de communication dont la croissance économique du pays commence à alimenter le pouvoir d’achat. Ce marché est moins mature et moins rentable aujourd’hui que le marché urbain. Il est plus porteur demain. Il dit ensuite que la demande de connectivité dans les zones rurales ivoiriennes est réelle et croissante, portée par des paysans qui veulent accéder aux prix agricoles en temps réel pour négocier leurs fèves de cacao ou leurs noix d’anacarde avec les coopératives, des artisans qui veulent vendre leurs produits au-delà de leur marché local et des familles qui veulent rester en contact avec leurs proches partis en ville. Et il dit enfin que la promesse du dividende numérique ivoirien, cette idée que la technologie peut accélérer le développement des régions les plus reculées du pays en leur donnant accès aux mêmes services que les centres urbains, dépend fondamentalement de la qualité du signal disponible dans ces régions. Sans réseau de qualité, pas de service numérique. Sans service numérique, pas de dividende. Renforcer le réseau rural est donc aussi une politique de développement économique territorial. C’est pour cela qu’il mérite d’être couvert au-delà du seul communiqué d’opérateur.
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