Par La Rédaction | Lementor.net
Jean Michael Seri a décidé de mettre un terme à sa carrière internationale sous le maillot de la Côte d’Ivoire. L’annonce, qui a circulé ce jeudi 16 juillet 2026, met fin à une aventure de douze ans avec les Éléphants pour un homme qui a porté le maillot orange avec une constance et une loyauté que les turbulences de sa carrière en club n’ont jamais entamées.
Né le 19 juillet 1991 à Grand-Bereby, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, Jean Michael Seri a grandi dans l’ombre des palmiers de l’une des villes les plus isolées du littoral ivoirien. C’est de cet anonymat géographique qu’il est parti, ASEC Mimosas d’abord entre 2010 et 2012, Porto ensuite, Paços de Ferreira au Portugal, puis Nice où il s’est révélé au monde entre 2015 et 2018 comme l’un des meilleurs milieux de terrain de Ligue 1. Il avait failli rejoindre le FC Barcelone en 2017. Le transfert avait échoué pour des raisons administratives liées au mercato. Cette non-signature au Barça est l’une des histoires les plus racontées du football africain de sa génération, l’illustration d’un talent dont la carrière n’a jamais tout à fait atteint la hauteur qu’il méritait.
Fulham, Galatasaray, Bordeaux en prêt, Hull City, Al-Orobah en Arabie Saoudite, et finalement le NK Maribor en Slovénie où il a terminé sa carrière en club : le parcours dit un joueur qui s’est battu jusqu’au bout pour rester professionnel, qui a accepté des destinations que d’autres auraient refusées par ego, et qui a toujours répondu présent quand Emerse Faé ou ses prédécesseurs l’ont appelé pour défendre les couleurs de son pays.
En sélection, le bilan dit l’essentiel. Soixante-trois sélections. Quatre buts. Un titre de champion d’Afrique en 2024 sur le sol ivoirien, le plus beau trophée de sa carrière internationale et l’un des plus beaux moments de l’histoire du football ivoirien. Il était sur la pelouse du Stade Alassane Ouattara le 11 février 2024 quand les Éléphants ont soulevé la coupe. Il a pleuré comme tous ses coéquipiers. Ces larmes-là, il les emporte avec lui dans sa retraite.
Ce Mondial 2026 était son premier en carrière. À 34 ans, Jean Michael Seri a réalisé avec la Côte d’Ivoire ce qu’aucune génération précédente n’avait accompli : atteindre les huitièmes de finale. Il était là, dans le groupe de 26 sélectionné par Emerse Faé, portant l’écharpe de la qualification historique sur le sol américain. Pas forcément dans le onze de départ de chaque match. Mais présent. Disponible. Professionnel jusqu’au bout.
Ce que Seri a apporté aux Éléphants n’est pas mesurable par les statistiques de buts ou de passes décisives. C’est la régularité silencieuse d’un milieu défensif qui couvre, qui récupère, qui protège les défenseurs, qui dit aux jeunes ce que signifie représenter son pays avec sérieux. Ibrahim Sangaré et Kessié ont bénéficié de sa présence dans le vestiaire. Les jeunes milieux qui prendront sa place dans les prochaines années bénéficieront de l’exemple qu’il a donné pendant douze ans.
À Grand-Bereby, sa ville natale, on sait ce que signifie voir un des siens porter soixante-trois fois le maillot de son pays. Jean Michael Seri a porté ce maillot avec la conscience de ce qu’il représentait pour les siens. C’est la plus belle façon de finir.
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