Par La Rédaction | Lementor.net
Dans la soirée du dimanche 12 juillet 2026, aux environs de 20 heures, un violent incendie s’est déclaré au bâtiment principal du grand marché de Bondoukou, principal centre d’approvisionnement de la région du Gontougo dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Les flammes se sont rapidement propagées à plusieurs stands et boutiques voisines, alimentées par les matériaux inflammables présents dans les étals. Un important dispositif d’intervention a été aussitôt déployé avec la mobilisation des sapeurs-pompiers civils, des forces de police, de la gendarmerie, des militaires et des services de santé. La coordination des opérations a été assurée par le préfet de région Kouadio Gbangbo André, présent sur les lieux dès les premières heures.
Aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée selon les premiers constats. C’est la seule bonne nouvelle d’une soirée catastrophique pour des centaines de commerçants dont plusieurs boutiques ont été entièrement consumées par les flammes. Le bilan matériel définitif n’a pas encore été communiqué officiellement. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes du sinistre. Le gouvernement, par la voix du ministre Adjoumani, a promis de ne laisser aucun sinistré de côté.
Ce qui transforme ce drame en signal d’alarme national, c’est sa répétition. En moins de deux semaines, trois grands marchés ivoiriens ont brûlé. Le marché de Man d’abord, dont les dégâts matériels avaient été importants. Le grand marché d’Aboisso ensuite, dans la nuit du 4 juillet 2026, avec 54 commerçants touchés et des pertes évaluées à près de 116 millions de FCFA par Police secours. Le grand marché de Bondoukou enfin, le 12 juillet. Cette série Man-Aboisso-Bondoukou en quatorze jours ne relève plus de la coïncidence. Elle révèle un problème structurel grave dans la sécurité incendie des marchés ivoiriens : absence de systèmes d’alarme et de détection automatique, insuffisance des équipements d’extinction, constructions en matériaux hautement inflammables, promiscuité des étals qui accélère la propagation des flammes, et manque de formation des commerçants aux gestes de prévention.
Le président de l’ONG La Semaine du Kroubi, El Hadj Ouattara Issoufou, a déposé une lettre de compassion auprès du préfet du Gontougo et du maire de Bondoukou, qualifiant le marché de poumon économique de Bondoukou et appelant à une mobilisation générale pour sa reconstruction. Sa formule résume l’enjeu : un marché n’est pas seulement un bâtiment. C’est une économie. Celle de centaines de familles qui ont tout perdu en une nuit. Reconstruire le bâtiment est une priorité. Mais réformer la sécurité incendie de tous les marchés ivoiriens est une urgence nationale que trois incendies en deux semaines ont rendue incontestable.
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