Par La Rédaction | Lementor.net
Une visite de travail consacrée au portefeuille actuel et au prochain cadre de partenariat-pays entre la Côte d’Ivoire et la Banque mondiale s’est tenue le 11 septembre 2026 à Abidjan. Cette visite dit la préparation du nouveau Country Partnership Framework qui définira les priorités d’investissement de l’institution de Washington dans le pays pour les quatre prochaines années. Un document stratégique dont les orientations conditionnent directement les choix de développement que la Côte d’Ivoire pourra financer avec l’appui de la Banque mondiale, l’un de ses partenaires financiers les plus importants et les plus anciens.
La Banque mondiale est présente en Côte d’Ivoire depuis plus de soixante ans. Son portefeuille actif dans le pays couvre une vingtaine de projets dans des secteurs allant de l’agriculture à l’éducation en passant par l’énergie, la santé, les transports et la gouvernance. Ces projets représentent plusieurs milliards de dollars d’engagements dont les décaissements progressifs alimentent le budget d’investissement ivoirien avec des ressources concessionnelles à des taux très inférieurs à ceux du marché obligataire international. La différence entre un prêt à 1,5 % sur quarante ans de la Banque mondiale et un emprunt obligataire à 7 % sur dix ans sur les marchés se chiffre en centaines de milliards de FCFA d’intérêts économisés sur la durée de vie des projets. Cette différence dit pourquoi la relation avec la Banque mondiale est stratégiquement irremplaçable pour un pays dont la dette publique représente environ 55 % du PIB et dont les besoins de financement du développement dépassent ce que le seul marché peut fournir à des conditions soutenables.
Le prochain Country Partnership Framework sera la première feuille de route de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire sous le PND 2026-2030. Il devra s’articuler avec les cinq piliers du plan national de développement : l’industrialisation et la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain par l’éducation et la santé, la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique, la gouvernance et la consolidation de la paix sociale, et le développement équilibré du territoire national. Dans chacun de ces piliers, la Banque mondiale dispose d’une expertise sectorielle et d’instruments financiers dont la Côte d’Ivoire peut tirer parti si les projets sont bien structurés et si les conditions de mise en œuvre sont réunies.
Cette visite de travail préparatoire dit que les deux parties ont commencé ce dialogue d’alignement stratégique bien avant la finalisation du document officiel. C’est une bonne pratique de gouvernance des partenariats de développement qui augmente les chances que le prochain CPF soit un document que la Côte d’Ivoire a co-construit avec ses propres priorités comme point de départ plutôt qu’un document imposé par les préférences sectorielles de la Banque mondiale. La qualité de ce dialogue préparatoire déterminera si le prochain cadre de partenariat produit des projets que le gouvernement ivoirien s’approprie pleinement et met en œuvre avec la diligence qu’ils méritent ou des projets techniquement bien conçus mais insuffisamment enracinés dans les priorités opérationnelles des ministères et des bénéficiaires locaux.
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