Par La Rédaction | Lementor.net
Le président Bassirou Diomaye Faye est actuellement à Washington pour des entretiens avec les partenaires américains dans le contexte de l’accord FMI de 2,2 milliards de dollars conclu le 1er septembre 2026. Ce déplacement intervient dans une séquence diplomatique qui dit la priorité absolue que Diomaye accorde à la consolidation des partenariats financiers internationaux après deux ans d’incertitudes qui ont coûté cher à la crédibilité du Sénégal sur les marchés. Retour prévu le jeudi 17 septembre après une étape aux Émirats arabes unis. La tournée dit ce que la gestion d’une crise financière souveraine exige en termes de présence personnelle et de diplomatie directe du chef de l’État.
Washington est l’interlocuteur le plus important de cette séquence pour une raison précise et documentée. L’accord technique conclu le 1er septembre entre le FMI et les autorités sénégalaises pour un programme de 2,2 milliards de dollars doit encore être validé par le Conseil d’administration de l’institution avant de devenir effectif et de permettre les premiers décaissements. Cette validation suppose que les conditions préalables imposées par l’accord soient remplies par le Sénégal avant la présentation du dossier au Board. Parmi ces conditions : prendre des mesures correctrices dans le dossier de misreporting lié à la dette non déclarée de l’ère Macky Sall et obtenir les garanties de financement nécessaires de la part des partenaires bilatéraux créanciers. Ce deuxième point implique des conversations directes avec les gouvernements dont les États-Unis font partie au titre de leurs prêts bilatéraux et de leur influence au sein des institutions de Bretton Woods. La visite de Diomaye à Washington n’est donc pas seulement protocolaire. Elle est opérationnelle dans sa nature et urgente dans son timing.
Les Émirats arabes unis constituent l’autre étape de cette tournée et disent la stratégie de diversification des partenaires financiers que Diomaye a choisie après avoir constaté les limites d’une dépendance excessive aux seuls bailleurs occidentaux. Abu Dhabi dispose de fonds souverains dont les capacités d’investissement en Afrique se sont considérablement développées depuis 2020 dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et des services financiers. Le Sénégal cherche dans ces fonds des financements complémentaires à l’accord FMI pour ses projets de développement dont plusieurs ont été mis en pause pendant les deux années de turbulences financières. Cette double étape Washington puis Abu Dhabi dit une stratégie cohérente : sécuriser le soutien institutionnel des bailleurs multilatéraux à Washington avant d’aller chercher les capitaux privés et souverains du Golfe à Abu Dhabi. Les deux démarches sont complémentaires et non concurrentes. Un accord FMI en bonne santé rassure les investisseurs privés et souverains qui arrivent après. Une tournée qui ne ferait que Washington sans Abu Dhabi dirait que Diomaye cherche la légitimité institutionnelle sans les ressources supplémentaires. Une tournée qui ne ferait qu’Abu Dhabi sans Washington dirait qu’il cherche l’argent sans la crédibilité réglementaire qui le rend accessible. La combinaison des deux dit qu’il a compris comment les deux se soutiennent mutuellement.
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