Par AN | Lementor.net
Bien au-delà des scènes officielles, la 14e édition du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) se déploie dans plusieurs communes de la capitale économique, donnant lieu à une véritable immersion culturelle. De Yopougon à Treichville, en passant par Bingerville, le « MASA off » impose son rythme, entre performances artistiques, mobilisation citoyenne et initiatives sociales.
Yopougon, théâtre d’une effusion artistique collective
À Yopougon, la place Ficgayo s’est muée en un vaste espace d’expression artistique à ciel ouvert. Ici, artistes et spectateurs fusionnent dans une ambiance électrique où la proximité efface les barrières traditionnelles entre scène et public.
La programmation musicale a lancé les hostilités avec le passage remarqué de John Kiffy, qui a replongé l’assistance dans son univers « zêzê pop ». Dans la foulée, Gaya la Slameuse et le groupe Mordus de la Guinée ont offert des prestations intenses, mêlant textes engagés et vibrations spirituelles.
La danse a également occupé une place centrale, portée notamment par les créations du chorégraphe Georges Momboye et de la Cie Gninka, qui ont su conjuguer héritage traditionnel et expressions contemporaines. Sur scène, les artistes urbains tels que Lamine Tpj, Sans Façon, Roma Chiyaya, Francky Dicaprio et Daoudy le Kirikou ont maintenu la ferveur avec des rythmes entraînants.
Dans cette atmosphère bouillonnante, toutes les générations se retrouvent autour d’une même passion. « Ici, on ne vient pas seulement assister, on participe », résume un habitant, traduisant l’esprit du MASA à Yopougon. Pour les autorités locales, cette dynamique illustre une démocratisation réelle de l’accès à la culture.
Treichville, vitrine d’une créativité plurielle
Au Palais de la Culture de Treichville, le MASA confirme son statut de carrefour artistique majeur. La diversité de la programmation attire un public varié, notamment les jeunes, très présents dans la salle Bernard Dadié.
Entre spectacles chorégraphiques, prestations musicales et performances collectives, les étudiants et élèves répondent massivement à l’appel. La Team 2 Poy s’est d’ailleurs distinguée en déclenchant une forte adhésion du public.
À l’extérieur, l’espace dédié au street art offre une autre facette du festival. Fresques en cours de réalisation, performances en direct : les artistes captivent les visiteurs dans une ambiance immersive, à l’image de la plasticienne YLIm, très remarquée.
L’humour trouve également sa place avec le MASA Comedy Club, qui enchaîne les prestations dans une atmosphère conviviale. Pour les plus jeunes, le programme MASA Fitini propose des activités éducatives et récréatives, favorisant une première immersion dans l’univers des arts vivants.
Bingerville, quand la culture rencontre le social
À Bingerville, le MASA prend une dimension solidaire en investissant l’Hôpital Mère-Enfant. L’objectif : offrir aux enfants un moment d’évasion à travers des activités artistiques adaptées.
La marionnettiste brésilienne Esther Odila Nunes a su capter l’attention des jeunes patients grâce à une animation interactive, suivie d’une performance expressive de Kompaoré Rebecca Tindwindé autour de l’œuvre « Les deux visages du silence ».
La journée s’est poursuivie avec des démonstrations de danses urbaines, notamment celle de Roma Chiyaya, qui a su créer une véritable connexion avec son jeune public.
À travers cette initiative, le MASA affirme son ambition d’élargir l’accès à la culture, en touchant également les publics les plus fragiles et en valorisant le rôle social des arts.
Un festival inclusif au cœur des dynamiques sociales
Placée sous le thème « Les arts du spectacle en Afrique : outil d’intégration économique et sociale », cette édition 2026 confirme l’ADN fédérateur du MASA. En investissant différents espaces de la ville, le festival transforme Abidjan en une plateforme vivante de rencontres culturelles, où se mêlent expressions artistiques, engagement citoyen et partage.
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