Par La Rédaction | Lementor.net
Les échanges de tirs qui ont débuté dans la nuit du vendredi 28 août 2026 à Niamey et se sont poursuivis le samedi 29 août constituent selon les premières informations disponibles une tentative de déstabilisation du régime du général Abdourahamane Tiani avortée par les forces loyalistes. Le gouvernement nigérien a déclaré reprendre progressivement le contrôle de la situation. Des tirs ont été entendus près de la présidence et dans plusieurs quartiers militaires de la capitale.
La nature exacte de cet incident reste officiellement non confirmée dans tous ses détails. Ce que les sources disponibles permettent d’établir est que des éléments armés ont tenté de prendre le contrôle de positions stratégiques à Niamey et que les forces loyales au général Tiani ont riposté. L’issue de la confrontation a vu les forces gouvernementales maintenir le contrôle des institutions. Aucun changement de pouvoir n’a été annoncé. Le gouvernement nigérien a parlé d’une tentative de déstabilisation fomentée par des éléments extérieurs sans préciser davantage ses affirmations.
Cet incident intervient dans un Niger dont la situation politique et sécuritaire est l’une des plus complexes de la sous-région. Le coup d’État de juillet 2023 qui avait renversé le président Mohamed Bazoum avait conduit à l’expulsion des forces françaises, au retrait de la MINUSMA, à la rupture avec la CEDEAO et au rapprochement avec la Russie via l’Africa Corps. Un an après ces ruptures, le Niger a rejoint l’Alliance des États du Sahel avec le Mali et le Burkina Faso. Ces choix ont isolé diplomatiquement Niamey de ses voisins côtiers et de ses anciens partenaires occidentaux. Ils n’ont pas résolu la crise sécuritaire dans le nord et le centre du pays où les groupes jihadistes continuent d’opérer avec une liberté documentée.
Pour la Côte d’Ivoire, cet incident nigerien est suivi avec la vigilance que commande sa proximité géographique indirecte et ses liens avec les dynamiques sécuritaires régionales. Un Niger instable est un Niger dont les flux d’armes et de combattants vers le sud sont moins contrôlés. Les tirs de Bodana à la frontière burkinabè entendus depuis Kodiénou en Côte d’Ivoire le 23 août, les 18 dragues détruites dans les opérations anti-orpaillage, les 27 interpellés à Issia : tout cela s’inscrit dans un environnement régional dont Niamey est l’un des nœuds les plus sensibles.
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