Par La Rédaction | Lementor.net
La 21ème session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine s’est tenue en Angola en ce début septembre 2026. Le mot extraordinaire dans le titre de cette réunion dit ce qu’il dit : l’agenda continental comporte des dossiers assez urgents pour justifier une convocation en dehors du calendrier ordinaire des sommets qui se tiennent habituellement en janvier et juillet à Addis-Abeba. Ces dossiers sont connus et leur accumulation dit l’état de tension dans lequel le continent africain entre dans le dernier trimestre de 2026.
La situation dans l’est de la République démocratique du Congo est le premier de ces dossiers urgents. Le mouvement M23 soutenu par le Rwanda selon les Nations Unies a étendu son contrôle territorial dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis le début de 2026. La ville de Goma, capitale économique de la région, a connu des affrontements répétés. Les déplacements de population atteignent des niveaux records. La mission de l’Union africaine dont des contingents kényans, burundais et sud-africains font partie peine à stabiliser une situation dont les racines géopolitiques dépassent les seuls acteurs congolais et rwandais. La session extraordinaire en Angola devrait produire une nouvelle feuille de route pour ce processus de paix dont les précédentes versions n’ont pas tenu leurs promesses.
La crise sahélienne est le deuxième dossier structurant de cette session. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO et leur regroupement dans l’Alliance des États du Sahel ont créé une fracture institutionnelle dans l’architecture régionale ouest-africaine que l’Union africaine tente de gérer sans y parvenir entièrement. Comment maintenir une relation constructive avec trois États membres qui ont quitté l’organisation sous-régionale, qui expulsent les forces militaires étrangères de leurs territoires et qui s’allient avec la Russie dans une dynamique qui contredit les principes de bonne gouvernance que l’UA est censée promouvoir ? Cette question n’a pas de réponse simple et la session d’Angola n’en produira probablement pas une. Elle peut produire des mécanismes de dialogue qui maintiennent un fil de communication avec Bamako, Ouagadougou et Niamey sans cautionner leurs choix politiques. C’est peut-être le mieux que l’UA puisse faire dans l’immédiat.
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