Par La Rédaction | Lementor.net
À la rentrée scolaire 2026-2027 qui s’est ouverte le 2 septembre, 155 sinistrés occupaient encore les locaux d’une école de Koumassi à Abidjan selon Afrik Soir, qui relaie leur cri de détresse. Ces familles ont été déplacées de leurs logements après des inondations ou des destructions liées aux travaux de voirie dans la commune. Elles attendent depuis des semaines une solution d’hébergement que les autorités n’ont pas encore fournie.
Ces 155 personnes disent deux choses simultanément sur la gestion des crises humanitaires urbaines à Abidjan. La première est que les mécanismes d’hébergement d’urgence du District autonome d’Abidjan et des mairies concernées ne sont pas encore à la hauteur de la fréquence et de l’ampleur des situations qu’ils doivent gérer. Les inondations de juin 2026 qui avaient fait 59 morts dans plusieurs communes d’Abidjan avaient déjà dit cette insuffisance. Trois mois plus tard, des familles déplacées par ces mêmes événements ou par d’autres crises locales se retrouvent dans des établissements scolaires au moment même où les élèves doivent reprendre le chemin de l’école. Cette coïncidence dit l’absence de coordination entre les services qui gèrent les sinistrés et les services qui gèrent les établissements scolaires.
La deuxième chose que ces 155 sinistrés disent sur Abidjan est plus structurelle. La ville croît à un rythme que ses infrastructures d’hébergement d’urgence ne suivent pas. Les centres d’accueil pour les personnes déplacées sont insuffisants en nombre et en capacité. Les mécanismes d’indemnisation et de relogement des victimes d’inondations ou de destructions liées aux travaux sont lents et bureaucratiques. Et les familles les plus vulnérables, celles qui n’ont pas de réseau familial élargi pour les accueillir provisoirement, se retrouvent sans solution et finissent dans des espaces qui n’ont pas été conçus pour les héberger. La rentrée scolaire amplifie la visibilité de cette situation en créant un conflit d’usage évident entre l’hébergement de sinistrés et l’accueil des élèves. Ce conflit dit que le problème ne peut pas attendre encore.
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