Par La Rédaction | Lementor.net
Un projet de transition bas carbone en Côte d’Ivoire est en cours de prolongation jusqu’à mi-2027. Cette extension dit que les objectifs initiaux du projet n’ont pas été entièrement atteints dans le délai prévu et que les parties prenantes ont jugé nécessaire de donner davantage de temps au dispositif pour produire ses résultats, notamment en matière de transparence sur les données climatiques et les émissions de gaz à effet de serre. Cette prolongation n’est pas un aveu d’échec. C’est un choix de sérieux : plutôt que de fermer un projet sur des résultats partiels, les parties ont préféré prolonger pour atteindre des résultats complets et documentés.
La transition bas carbone est un axe structurant des engagements climatiques de la Côte d’Ivoire pris dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015. Le pays a soumis sa Contribution déterminée au niveau national révisée en 2021 avec des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30 % sous condition de soutien international. Ces objectifs couvrent plusieurs secteurs dont l’énergie, les forêts, l’agriculture et les déchets. Pour la Côte d’Ivoire dont le secteur forestier représente à la fois une source d’émissions liée à la déforestation et un puits de carbone potentiel, ces engagements sont particulièrement complexes à mesurer, documenter et vérifier de façon indépendante. La filière cacao seule génère des émissions liées à la déforestation que le Règlement européen sur la déforestation vient précisément de placer au cœur des exigences commerciales des acheteurs européens.
La transparence est le mot clé de cette prolongation. Dans le cadre de l’Accord de Paris, les pays doivent rendre compte régulièrement de leurs progrès à travers des rapports nationaux de transparence appelés Rapports biennaux de transparence. Ces documents nécessitent des données précises sur les émissions sectorielles, les absorptions forestières, les progrès vers les objectifs de réduction fixés et les besoins de financement pour atteindre ces objectifs. La Côte d’Ivoire, comme la grande majorité des pays en développement, fait face à des défis de capacité statistique et institutionnelle pour produire ces données avec la précision et la régularité qu’exige le cadre international. Les systèmes de collecte de données sur les émissions dans le secteur agricole et forestier ivoirien sont encore en construction. Les équipes techniques du ministère de l’Environnement et du Développement durable ont besoin de formation, d’équipements et de temps pour produire des inventaires nationaux de gaz à effet de serre crédibles et reconnus par les pairs scientifiques internationaux.
Le prolongement du projet jusqu’à mi-2027 vise à renforcer ces capacités dans un calendrier cohérent avec les obligations internationales de la Côte d’Ivoire. Le premier Rapport biennal de transparence que la Côte d’Ivoire doit soumettre à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est attendu avant la fin de 2026. Ce délai crée une pression calendaire qui justifie le prolongement du soutien technique au dispositif national de mesure, rapportage et vérification des émissions. Sans ce soutien prolongé, le rapport risquerait d’être incomplet ou de qualité insuffisante pour satisfaire les exigences des experts internationaux chargés de l’examiner.
Ce projet de transition bas carbone s’inscrit dans une dynamique plus large qui voit la Côte d’Ivoire multiplier ses engagements climatiques internationaux. L’initiative sur les crédits biodiversité lancée en août 2026 dit que le pays cherche à monétiser ses efforts de conservation plutôt que de les traiter comme un coût. La campagne nationale d’accélération des cartes du producteur de cacao répond aux exigences du Règlement européen sur la déforestation qui est lui-même une politique climatique. Et le programme MCC de 300 millions de dollars pour les infrastructures électriques qui vise à réduire la dépendance au thermique dit l’ambition d’atteindre 45 % de renouvelables d’ici 2030. Ces chantiers simultanés disent que la transition bas carbone n’est pas seulement un projet financé par des bailleurs. C’est une transformation progressive de l’économie ivoirienne dont le prolongement de ce dispositif de transparence est l’une des briques les moins visibles mais les plus nécessaires.
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