Par La Rédaction | Lementor.net
Ce jeudi 3 septembre 2026 s’ouvre à Abidjan un atelier national organisé par le ministère de la Transition numérique pour sélectionner 100 services publics à numériser en priorité. Cette démarche dit la volonté du gouvernement d’accélérer la transformation numérique de l’État dans le cadre du PND 2026-2030 et de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle SNIA 2030. Mais elle dit aussi quelque chose sur la méthode choisie : plutôt que de numériser au hasard ou selon les opportunités politiques, l’État ivoirien se dote d’un processus de priorisation qui cherche à identifier les services dont la numérisation produira le plus grand impact pour les citoyens et les entreprises.
La numérisation des services publics est un chantier que la Côte d’Ivoire a engagé progressivement depuis plusieurs années. Le Portail du gouvernement ivoirien, la plateforme e-services du CEPICI, le système de déclaration fiscale en ligne de la DGI, le registre du commerce dématérialisé : autant de réalisations qui ont amélioré le quotidien des entrepreneurs et des citoyens qui savent les utiliser. Mais ces réalisations restent dispersées et leur impact cumulé est inférieur à ce qu’une stratégie cohérente et priorisée pourrait produire. L’atelier de sélection des 100 services vise précisément à produire cette cohérence.
Le choix du nombre 100 n’est pas anodin. Il est suffisamment large pour couvrir des services dans tous les ministères et toutes les régions. Il est suffisamment contraint pour forcer des choix et éviter la dispersion des ressources humaines, technologiques et budgétaires qui a souvent caractérisé les stratégies de numérisation publique en Afrique. La méthode de sélection dira la qualité de la démarche : si les 100 services sont choisis sur la base d’une analyse des volumes de transactions, des temps d’attente actuels, des coûts pour les usagers et de la faisabilité technique de la numérisation, le résultat sera une liste utile et actionnable. Si les 100 services sont choisis sur la base de considérations politiques ou de la visibilité médiatique des projets, l’exercice aura moins de valeur.
Ce que cet atelier dit sur la trajectoire numérique de la Côte d’Ivoire en 2026 est encourageant dans sa méthode mais exigeant dans ses attentes. Le ministre Djibril Ouattara avait lancé en juillet les programmes Ivoire Tech Next 15 et Ivoire Tech Scale Up pour accompagner 30 startups et PME numériques. La SNIA 2030 est dotée d’une enveloppe de 1,8 milliard de dollars sur cinq ans. Le Hub national d’IA à Bingerville est opérationnel. Ces investissements dans l’écosystème numérique privé produiront davantage de résultats si l’État lui-même devient un utilisateur précoce et exigeant des technologies numériques dans ses services aux citoyens. Un État qui numériser ses 100 services prioritaires avec rigueur crée un marché de référence pour les startups ivoiriennes, une base de données massive pour les applications d’IA et un signal aux investisseurs étrangers que la Côte d’Ivoire est un pays où faire des affaires est devenu plus simple et plus prévisible.
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