Par AN | Lementor.net
L’économie ivoirienne a poursuivi sa dynamique de croissance en 2024, portée par d’importants achats de biens à l’étranger. Les chiffres publiés par la Direction générale des Douanes et analysés par la DSEE mettent en lumière la prédominance des produits non alimentaires dans les échanges extérieurs du pays. Énergie, équipements industriels et matériaux de construction figurent en tête de liste, reflétant à la fois les ambitions de développement national et une forte dépendance vis-à-vis des marchés internationaux pour des secteurs vitaux.
L’énergie, poste budgétaire majeur
Les hydrocarbures dominent très largement la facture des importations. Le pétrole brut arrive en première position avec des achats évalués à 1 472 milliards de FCFA sur l’année, un montant en forte progression par rapport à 2020 où il s’établissait à 826 milliards. Les produits pétroliers raffinés représentent quant à eux une dépense supplémentaire de 1 328 milliards de FCFA.
Ces ressources sont avant tout destinées à satisfaire les besoins du secteur des transports, mais aussi à alimenter la production électrique et à soutenir l’appareil industriel. Pour couvrir ces besoins, la Côte d’Ivoire se tourne naturellement vers les pays producteurs de son environnement régional et vers d’autres partenaires traditionnels, le Nigeria s’imposant comme le fournisseur principal dans ce domaine.
Équipements mécaniques : le pari de la modernisation
Pour soutenir ses grands chantiers et moderniser ses outils de production, le pays a importé pour 790 milliards de FCFA de machines mécaniques. Ces équipements, essentiels au secteur du BTP, à l’industrie manufacturière, à l’agriculture intensive et à divers services, proviennent majoritairement de Chine. La France et les États-Unis figurent également parmi les fournisseurs notables de ces technologies.
Métaux de base : les matériaux du développement
Le secteur de la construction et des travaux publics a nécessité l’importation de 515 milliards de FCFA de fer, de fonte et d’acier. Ces matières premières sont indispensables à l’édification de logements, d’infrastructures routières et de ponts, ainsi qu’à la réalisation de projets industriels. Là encore, la Chine est en tête des fournisseurs, suivie par des nations européennes comme la Belgique.
Le trio de tête des partenaires commerciaux
L’analyse des flux financiers confirme la hiérarchie des partenaires de la Côte d’Ivoire en matière d’importations non alimentaires. La Chine arrive en première position avec des ventes évaluées à 1 619 milliards de FCFA. Elle est talonnée par le Nigeria (1 401 milliards), spécialisé dans les hydrocarbures. Viennent ensuite la France (655 milliards), la Belgique (523 milliards) et les États-Unis (507 milliards), qui concentrent l’essentiel des parts de marché sur ces segments stratégiques.
Quels enseignements pour l’économie ivoirienne ?
Cette photographie des importations dessine les contours d’une économie en pleine mutation, fortement investisseuse mais vulnérable. La part prépondérante des achats d’énergie et de biens d’équipement confirme une activité soutenue, mais met en évidence une industrialisation encore balbutiante sur certains créneaux. Cette configuration expose le pays aux fluctuations des prix mondiaux du pétrole et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales. À l’avenir, la réflexion devra porter sur les moyens de diversifier le bouquet énergétique, de renforcer le tissu industriel local et de réduire progressivement la facture des importations dans les domaines où une substitution est possible.
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