La rédaction | Lementor.net
Ils sont là depuis quelques jours déjà. Jusqu’au 1er mai, plus de mille militaires venus de cinquante-quatre pays s’entraînent à Abidjan et sur la base de Jacqueville. Flintlock 2026 cinquième édition consécutive sur le sol ivoirien. Un exercice annuel des forces spéciales américaines avec leurs alliés africains et occidentaux, centré sur une seule obsession : comment combattre les groupes terroristes dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.
La Côte d’Ivoire n’est pas choisie au hasard. Elle est devenue, ces dernières années, le point d’ancrage militaire le plus stable de la sous-région. La France a rétrocédé sa base de Port-Bouët en 2024 mais les coopérations militaires, elles, se sont multipliées. Abidjan est la capitale diplomatique de l’Afrique de l’Ouest elle est aussi en train de devenir son hub sécuritaire de référence.
Ce que Flintlock entraîne, concrètement, c’est la coordination entre armées. Comment un commando ivoirien travaille avec un Américain, un Français, un Ghanéen, un Sénégalais. Des scénarios d’infiltration, d’extraction, de neutralisation. Des échanges de renseignements. Un langage commun de la menace. Dans un contexte où le Burkina Faso voisin perd du territoire chaque mois face aux jihadistes, où le Mali est en crise profonde, et où les attaques au nord de la Côte d’Ivoire se sont multipliées ces deux dernières années, cet exercice n’est pas symbolique. Il est vital.
Pour les Ivoiriens, la question n’est pas de savoir si ces soldats étrangers sont là. Ils sont là, et depuis plusieurs années. La vraie question est celle-ci : est-ce que la présence militaire internationale sur le territoire ivoirien renforce la sécurité du pays, ou crée-t-elle une dépendance qui fragilise à terme la souveraineté nationale ? Ce débat existe. Il mérite d’être posé ouvertement, pas étouffé par la fierté d’être choisi comme pays hôte.
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