Par AN | Lementor.net
La présentation de l’ouvrage de Nady Bamba à Bruxelles a dépassé le cadre littéraire pour prendre une dimension politique, marquée par la présence remarquée de militants du PDCI-RDA aux côtés de ceux du PPA-CI. Cette convergence intervient dans un contexte récent de tensions entre les deux formations, liées notamment à l’absence du PPA-CI lors des célébrations du 80e anniversaire du PDCI-RDA à Abidjan, sur fond de controverse autour d’une invitation jugée non reçue par le camp de Laurent Gbagbo.
Dans la capitale belge, cette séquence semble amorcer un apaisement, même si aucune position officielle n’a été clairement communiquée par les états-majors des deux partis. Prenant la parole, Nady Bamba a salué la présence de militants issus du PDCI-RDA ainsi que de sympathisants du Générations et peuples solidaires, y voyant un signe de fraternité. Elle a également exprimé sa reconnaissance à Tidjane Thiam et à Guillaume Soro, estimant que cette participation traduisait une volonté politique assumée.
Au-delà de cet épisode de rapprochement, son intervention a pris une tonalité critique vis-à-vis de la situation en Côte d’Ivoire. Elle a évoqué un décalage entre les progrès affichés et les réalités sociales, pointant notamment les difficultés rencontrées par les producteurs de cacao, confrontés selon elle à des revenus jugés insuffisants. Elle a également alerté sur les défis touchant la jeunesse, évoquant la progression de la consommation de drogue dans un contexte marqué par le chômage. Les conditions d’accès aux services essentiels ont aussi été abordées, avec des références à des perturbations dans la fourniture d’électricité et d’eau.
Sur le plan politique, Nady Bamba a dénoncé l’existence de nombreux détenus qu’elle qualifie de prisonniers d’opinion, évoquant le décès de l’un d’eux et des atteintes aux libertés touchant diverses catégories sociales. En réaction, le gouvernement ivoirien, par la voix de son porte-parole Amadou Coulibaly, a rejeté ces accusations, attribuant les difficultés énergétiques à une hausse de la demande et à des conditions climatiques exceptionnelles, tout en précisant que les personnes incarcérées relèvent du droit commun et non de détentions politiques.
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