Par La Rédaction | Lementor.net
Quarante-huit heures après la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lo présentée le 8 septembre 2026 devant l’Assemblée nationale sénégalaise, aucune motion de censure n’a été déposée. PASTEF observe. Le gouvernement gouverne. Et Ousmane Sonko, depuis le perchoir de l’Assemblée nationale où il dispose de 130 sièges sur 165, garde son arme chargée sans la tirer. Ce non-geste est lui-même une information politique majeure qui mérite d’être analysée avec la précision qu’elle exige.
Ce que cette retenue de Sonko dit est précis. Ayib Daffé, cadre de PASTEF, avait déclaré avant la DPG que la motion de censure n’était pas à l’ordre du jour. Ce signal pré-DPG disait que PASTEF ne voulait pas déclencher automatiquement l’arme nucléaire. La DPG d’Al Aminou Lo a renforcé cette retenue en fournissant à Sonko des arguments pour continuer à attendre plutôt que pour agir immédiatement. Al Aminou Lo a dit des vérités crues sur l’état des finances sénégalaises. Il a dit que le Sénégal s’était appauvri en 2025 et s’appauvrirait encore en 2026. Il a dit que l’accord FMI n’avait rien concédé sur les intérêts du Sénégal. Et il a annoncé une réforme graduelle des subventions à l’énergie. Ces jalons précis et vérifiables donnent à Sonko une liste de contrôle : si Al Aminou Lo tient ces engagements, la motion est prématurée. Si il ne les tient pas, la motion est justifiée. Sonko attend pour voir.
Cette stratégie d’attente est politiquement plus puissante que le déclenchement immédiat de la motion. Un Sonko qui fait tomber un gouvernement le lendemain de sa DPG dit à l’opinion sénégalaise qu’il n’a pas voulu laisser une chance au dialogue. Un Sonko qui attend, qui surveille et qui tire seulement si les engagements ne sont pas tenus dit qu’il est un acteur institutionnel responsable qui utilise ses pouvoirs constitutionnels avec discernement. Cette image est stratégiquement plus utile à l’approche des élections locales de 2027 que celle d’un homme qui fait tomber les gouvernements pour des raisons de principe sans laisser les faits parler.
Le gouvernement d’Al Aminou Lo a donc du temps. Pas beaucoup. Pas sans conditions. Mais du temps. Et dans ce temps, il doit produire des résultats visibles sur les trois fronts qui mobilisent les Sénégalais : la vie chère, les délestages et l’emploi des jeunes. Si ces résultats ne viennent pas dans les prochaines semaines, Sonko aura son argument. Et il le tirera avec la précision de celui qui a attendu le bon moment.
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