Par La Rédaction | Lementor.net
L’ancienne première dame Simone Gbagbo prépare un déplacement en France du 18 au 22 septembre 2026. Cette visite, révélée par Jeune Afrique, a un double objectif : restructurer le Mouvement pour la Génération de la Côte d’Ivoire fragilisé par des démissions récentes au sein de sa direction et tisser des alliances avec des acteurs politiques et de la diaspora ivoirienne en vue des prochaines échéances électorales. Un voyage à Paris dit ce que l’état du MGC dit en creux : le parti de Simone Gbagbo traverse une période difficile qui exige un effort de reconstruction que les seules ressources abidjanaises ne suffisent plus à produire.
Simone Gbagbo occupe dans le paysage politique ivoirien une place singulière qui n’appartient qu’à elle. Ancienne première dame pendant dix ans entre 2000 et 2010, elle a partagé avec Laurent Gbagbo la crise post-électorale de 2010-2011 et ses conséquences judiciaires. Contrairement à son ex-époux acquitté par la Cour pénale internationale en 2019, elle a été jugée et condamnée en Côte d’Ivoire avant d’être amnistiée en 2018 dans le cadre des mesures de réconciliation nationale. Son retour dans l’arène politique après l’amnistie avait été marqué par la création du MGC comme expression de son positionnement distinct de celui du PPA-CI de Laurent Gbagbo dont elle est séparée depuis 2020.
Cette distinction entre le MGC et le PPA-CI est au cœur de la compréhension de la gauche ivoirienne post-crise. Simone Gbagbo et Laurent Gbagbo partagent une histoire politique commune, une clientèle électorale largement similaire et un positionnement d’opposition au RHDP. Mais ils ont choisi des véhicules partisans différents et des méthodes politiques qui divergent sur plusieurs points. Là où Laurent Gbagbo privilégie la collégialité affichée et la doctrine de la Mériquité dévoilée par Guillaume Soro, Simone Gbagbo cultive un profil plus volontariste et une relation directe avec sa base militante notamment féminine. Le MGC avait été conçu comme un espace politique qui rassemble des Ivoiriennes et des Ivoiriens autour d’une vision de la génération qui doit prendre le relais.
Les démissions récentes qui ont affaibli le MGC disent les difficultés d’un parti dont la trajectoire dépend largement de la capacité de sa fondatrice à maintenir une présence politique active dans un environnement où les ressources de l’opposition sont limitées et où les échéances électorales se rapprochent. Le déplacement à Paris du 18 au 22 septembre dit que Simone Gbagbo cherche dans la diaspora ivoirienne les ressources humaines, relationnelles et peut-être financières que la politique intérieure ne lui fournit pas suffisamment. La diaspora ivoirienne en France, estimée à plusieurs centaines de milliers de personnes dont une partie significative reste attachée à la politique ivoirienne, peut être un relais de mobilisation et de financement que les partis d’opposition ivoiriens n’ont pas encore pleinement exploité.
Les municipales de 2027 constituent l’horizon stratégique de ce voyage. Elles seront le premier grand test électoral de l’après-présidentielle de 2025. Elles diront quels partis d’opposition ont réussi à maintenir une implantation territoriale suffisante pour peser dans les communes. Le MGC a besoin pour cela de candidats, de militants, d’argent et d’alliances. Le voyage à Paris du 18 au 22 septembre est une tentative de construire au moins trois de ces quatre conditions. La quatrième, les candidats, se trouve en Côte d’Ivoire. Et c’est peut-être là que le défi est le plus difficile pour un parti dont les démissions récentes disent que retenir les militants est aussi dur que les recruter.
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