Par La Rédaction | Lementor.net
La campagne cacaoyère 2026-2027 est officiellement ouverte depuis le 1er septembre 2026 avec un prix bord champ fixé à 1 200 FCFA le kilogramme. Ce prix a été présenté par le Conseil du Café-Cacao comme décent et cohérent avec le niveau des cours mondiaux au moment des ventes. Le PPA-CI de Laurent Gbagbo avait attaqué ce prix comme insuffisant lors de sa 52ème Tribune du 3 septembre. Cette offensive politique avait abouti à la convocation judiciaire de Katinan Koné. Mais entre la tribune du 3 septembre et l’audition du 9 septembre, le débat sur le prix du cacao a été éclipsé par la procédure judiciaire. Ce glissement dit quelque chose sur la politique ivoirienne : les procédures absorbent les substances.
La baisse de 57 % entre les 2 800 FCFA de la campagne précédente et les 1 200 FCFA actuels est brutale dans ses chiffres mais cohérente dans sa logique. En 2024-2025, les cours mondiaux avaient dépassé les 10 000 dollars la tonne sous l’effet d’une offre insuffisante liée aux mauvaises récoltes en Côte d’Ivoire et au Ghana. Le CCC avait fixé le prix à 2 800 FCFA en cohérence avec ces cours exceptionnels. Mais les cours ont ensuite corrigé au début de 2026. L’écart entre le prix garanti et les cours mondiaux avait produit une paralysie partielle des exportations, une accumulation de stocks et un programme de rachat exceptionnel de 280 milliards de FCFA. Les 1 200 FCFA de cette campagne tirent la leçon de cette crise : un prix bord champ déconnecté des cours mondiaux crée des distorsions qui nuisent finalement aux planteurs qu’il était censé protéger.
Pour un planteur ivoirien moyen exploitant deux hectares et produisant environ deux tonnes par an, la différence entre 2 800 et 1 200 FCFA représente une perte de 3,2 millions de FCFA de revenus annuels. Cette perte est réelle et douloureuse. Elle dit que la volatilité des cours mondiaux du cacao est le problème structurel que ni le prix bord champ ni les programmes de rachat ne peuvent résoudre durablement. La vraie réponse est la transformation locale qui permettrait à la Côte d’Ivoire de valoriser ses fèves en beurre, en poudre et en chocolat dont les prix sont moins volatils. Ce chantier de long terme est ouvert. Il avance lentement. Et pendant qu’il avance, les planteurs absorbent les chocs des cours mondiaux que le système de prix garanti ne peut plus entièrement amortir sans distorsions.
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