Par La rédaction | Lementor.net
Ce mardi 28 juillet 2026 aux environs de 17 heures, le bâtiment principal de l’orphelinat Mamie Thérèse d’Abengourou a été entièrement ravagé par les flammes. Deux nourrissons ont perdu la vie. Quatre enfants ont été blessés parmi les 53 pensionnaires. L’administrateur du centre, Koné Douffou, a également été blessé. Ce drame est le deuxième incendie à frapper ce même établissement en onze jours. Le premier avait eu lieu dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet 2026, ravageant une partie des dortoirs sans faire de victime mais plongeant 43 enfants dans le désarroi avec des murs fissurés, des lits, vêtements et documents administratifs réduits en cendres.
La fondatrice de l’orphelinat, Yoboué N’Guessan Thérèse, dite Mamie Thérèse, a été rencontrée par l’AIP le 29 juillet sous des palmiers à proximité des lieux, l’accès à l’orphelinat étant interdit pour les besoins de l’enquête. Cette femme qui a créé cet établissement il y a plus de quinze ans après avoir choisi d’accueillir des orphelins à son domicile recevait des visiteurs. Derrière elle, le bâtiment barricadé dit l’ampleur de ce qu’elle a construit et ce qu’elle vient de perdre en quelques heures.
Le lendemain, mercredi 29 juillet, une délégation gouvernementale conduite par la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant Nassénéba Touré et le ministre de la Communication Amadou Coulibaly s’est rendue à Abengourou. Les deux membres du gouvernement ont d’abord visité l’Établissement public hospitalier régional d’Abengourou où sont soignés les deux enfants grièvement blessés, dont le pronostic vital n’est pas engagé selon l’équipe médicale. Puis ils se sont rendus sur les ruines de l’orphelinat. Ils ont remis un important lot de vivres, de produits de première nécessité et de matériel pour répondre aux besoins urgents des enfants et du personnel. Nassénéba Touré a déclaré : cette tragédie bouleverse profondément nos cœurs. Nous tenons à rassurer les populations d’Abengourou que tous les enfants ainsi que les travailleurs sociaux bénéficieront d’une prise en charge totale. Les 34 enfants évacués ont été accueillis au Centre de protection de la petite enfance d’Abengourou.
Ce qui rend ce drame particulièrement troublant est la répétition. Deux incendies dans le même orphelinat en onze jours. Le premier avait produit ses dégâts, ses alertes, ses constats. Le second a tué. Cette répétition appelle une question que les enquêteurs devront poser sans détour : le premier incendie était-il accidentel ou délibéré ? Et si le second l’était, qui voulait détruire un orphelinat qui accueille des enfants venus de toute la région de l’Indénié-Djuablin ? L’enquête ouverte par les autorités devra répondre à ces questions avec la rigueur que deux enfants morts méritent.
Ce drame arrive dans un contexte de multiplication des incendies en Côte d’Ivoire depuis le début du mois de juillet. Le marché de Man. Le marché d’Aboisso le 4 juillet. Le grand marché de Bondoukou le 12 juillet. Et maintenant deux fois l’orphelinat de Mamie Thérèse. Cette accumulation dit soit une coïncidence troublante soit un problème structurel de prévention et d’équipement contre les incendies dans les établissements publics et commerciaux ivoiriens qui mérite une réponse nationale coordonnée.
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