Par AN | Lementor.net
Le Bénin continue d’écrire son histoire institutionnelle avec méthode. Ce jeudi 6 août 2026, l’ancien président Patrice Talon a été élu président du Sénat, devenant le premier dirigeant de la chambre haute du Parlement béninois créée par la révision constitutionnelle de décembre 2025. Louis Vlavonou, ancien président de l’Assemblée nationale, a été élu vice-président. Alassane Séïdou a été désigné rapporteur. Le bureau du Sénat est désormais complet après la validation du règlement intérieur par la Cour constitutionnelle le 3 août.
Cette élection dit quelque chose de précis sur la trajectoire institutionnelle du Bénin. Patrice Talon a gouverné de 2016 à avril 2026, deux mandats complets au terme desquels il a quitté le pouvoir conformément à la limitation constitutionnelle. La réforme institutionnelle adoptée sous son second mandat a instauré le bicamérisme et créé ce Sénat. Il en devient aujourd’hui le premier président. Un homme qui a réformé la Constitution devient le premier bénéficiaire de sa propre réforme en intégrant les institutions qu’il a créées. Cette trajectoire dit la cohérence d’un projet politique assumé jusqu’au bout.
L’élection est intervenue après la décision de l’ancien président Thomas Boni Yayi de siéger finalement au sein du Sénat. Le 22 juillet, il avait annoncé revenir sur son refus initial, estimant que la chambre haute pouvait constituer un cadre de dialogue et de concertation. Avec Talon comme président, Yayi comme membre de droit et Nicéphore Soglo également présent, le Sénat béninois réunit trois anciens présidents de la République dans la même institution. C’est une configuration institutionnelle inédite en Afrique de l’Ouest qui dit que le Bénin a trouvé une façon originale d’intégrer ses anciennes figures politiques dans le fonctionnement de l’État plutôt que de les laisser dans l’arène partisane.
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