Par La Rédaction | Lementor.net
Du 4 au 6 août 2026, la ministre canadienne des Affaires étrangères Anita Anand a effectué une visite officielle en Côte d’Ivoire dans le cadre de la Stratégie du Canada pour l’Afrique. Reçue au Palais de la Présidence par le vice-président Tiémoko Meyliet Koné en présence de la ministre d’État Nialé Kaba et du ministre directeur de cabinet du vice-président Emmanuel Ahoutou Koffi, la cheffe de la diplomatie canadienne a conclu sa visite par une annonce précise et chiffrée : un financement d’environ 68,4 millions de dollars canadiens destiné à soutenir la croissance économique, l’inclusion financière, l’éducation et la sécurité en Côte d’Ivoire.
Ce chiffre dit quelque chose de précis sur la nature du partenariat canado-ivoirien. Le Canada n’est pas un partenaire historique de la Côte d’Ivoire au sens où la France ou les institutions de Bretton Woods le sont. Mais il est un acteur discret et structurant dont la présence a progressivement gagné en densité. La Côte d’Ivoire avait été choisie par Ottawa comme l’un des deux marchés clés pour une coordination proactive et stratégique entre gouvernements sous l’autorité de la Corporation commerciale canadienne. Cette sélection dit que le Canada a fait un choix délibéré et stratégique sur Abidjan bien avant cette visite d’août 2026.
La dimension minière est au cœur de ce partenariat sans être toujours nommée explicitement. Endeavour Mining, dont le siège social est à Vancouver, est l’un des plus grands opérateurs aurifères en Côte d’Ivoire avec des actifs majeurs comme le site de Séguéla et d’Ity. Entre 2021 et 2025, Endeavour a investi plus de 1 710 milliards de FCFA dans l’économie ivoirienne. D’autres sociétés canadiennes sont actives dans l’exploration et l’exploitation minière sur le territoire ivoirien. Quand Anita Anand parle de renforcer les liens commerciaux et l’investissement, le secteur minier est le premier sous-entendu de cette formule.
Les discussions ont également porté sur la paix et la stabilité régionales en Afrique de l’Ouest. Cette dimension sécuritaire est nouvelle dans l’agenda canado-ivoirien et dit l’inquiétude croissante d’Ottawa face à la progression jihadiste dans le Sahel. Le Canada finance l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme d’Abidjan à hauteur de plus de 600 millions de FCFA selon les informations disponibles. Cette académie forme des cadres militaires et sécuritaires de toute l’Afrique de l’Ouest. Pour Ottawa, soutenir Abidjan comme rempart contre la déstabilisation régionale est un investissement géopolitique qui dépasse les seuls intérêts économiques bilatéraux.
La ministre Anand s’est dite honorée de se retrouver dans une Côte d’Ivoire ambitieuse avec laquelle, depuis plus de 60 ans, le Canada a tissé un partenariat fondé sur la confiance qu’il compte renforcer. Cette formule dit ce que la diplomatie canadienne veut dire : Ottawa se positionne comme un partenaire de long terme dans une Afrique de l’Ouest que les grandes puissances se disputent avec une intensité croissante. Venir à Abidjan le 6 août, veille de la fête nationale, avec 68,4 millions de dollars de financements confirmés, c’est un signal politique soigneusement calculé.
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