Par AN | La Rédaction
L’internationale ivoirienne Habibou Ouédraogo a quitté l’ASEC Mimosas pour rejoindre l’Olympique de Marseille dans le championnat de France féminin de première division. Ce transfert est une bonne nouvelle pour une joueuse qui franchit un palier dans sa carrière. C’est aussi un signal sur l’état du football féminin ivoirien après la CAN Féminine Maroc 2026 que les Éléphantes ont quittée en quarts de finale malgré un parcours courageux et une phase de groupes dominée de bout en bout avec sept points en trois matchs.
Habibou Ouédraogo est l’une des figures du football féminin ivoirien qui a accompagné la montée en puissance des Éléphantes ces dernières années. Son parcours à l’ASEC Mimosas, club historique du football ivoirien dont la section féminine est l’une des plus compétitives du championnat national, lui a permis de construire les bases techniques et athlétiques qui ont retenu l’attention des recruteurs européens. Le fait que l’Olympique de Marseille, club de référence du football français avec une base de supporters parmi les plus passionnées d’Europe, ait choisi de la recruter dit que le niveau des joueuses ivoiriennes est désormais reconnu au-delà des frontières du continent africain.
Ce transfert dit deux choses simultanément sur le football féminin ivoirien. Il dit d’abord que des clubs européens de premier plan acceptent de recruter des internationales ivoiriennes sur la foi de leurs performances continentales. C’est une validation externe du travail accompli par la Fédération Ivoirienne de Football dans les catégories féminines, par le sélectionneur Reynald Pedros qui a conduit les Éléphantes à leur retour en phase finale de CAN après douze ans d’absence, et par les clubs qui forment ces joueuses au quotidien. Ce transfert vers l’OM s’inscrit dans un mouvement plus large de valorisation internationale du football féminin africain que la CAN 2026 a accéléré. Plusieurs joueuses révélées dans ce tournoi ont reçu des marques d’intérêt de clubs européens dans les semaines qui ont suivi. Habibou Ouédraogo est la première Ivoirienne à concrétiser ce passage.
Il dit ensuite que la Ligue 1 féminine ivoirienne peine encore à retenir ses meilleures joueuses face à l’attractivité financière et sportive des championnats européens. Ce constat n’est pas une critique. C’est une réalité structurelle qui concerne tous les championnats africains sans exception. Les meilleures joueuses nigérianes, ghanéennes, sud-africaines, camerounaises et marocaines évoluent toutes dans des championnats européens ou nord-américains. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette logique économique. La vraie question est de savoir si le départ des meilleures joueuses vers l’Europe affaiblit durablement le niveau du championnat local ou si, au contraire, la visibilité internationale de ces joueuses crée une aspiration chez les jeunes joueuses ivoiriennes qui pousse le niveau général vers le haut.
Le contexte dans lequel s’inscrit ce transfert est celui d’un momentum pour le football féminin ivoirien. La FIF a investi dans les catégories féminines. Les Éléphantes ont participé à leur première CAN depuis 2014 et ont terminé premières du groupe B. N’Sira Ouédraogo a ouvert le score en demi-finale face à la Tanzanie. Inès Konan a été décisive sur penalty à plusieurs reprises. Et maintenant Habibou Ouédraogo rejoint un club de Ligue 1 féminine française. Ces signaux combinés dessinent le portrait d’un football féminin ivoirien en transformation accélérée. Le prochain défi est double : qualifier les Éléphantes pour le Mondial 2027 au Brésil en remportant les éliminatoires qui débuteront dans les prochains mois, et construire un championnat local suffisamment attractif pour que les talentes ivoiriennes puissent y évoluer dans des conditions professionnelles dignes de leur niveau avant ou après leur passage en Europe.
Leave a comment