Par la Rédaction | Lementor.net
La Côte d’Ivoire et la Banque Islamique de Développement ont signé le 23 juin 2026 un accord de financement d’environ 130 milliards de FCFA pour le prolongement de l’autoroute du nord de Tafiré à Ferkessédougou. Ce projet étend le réseau autoroutier ivoirien vers le nord du pays, réduisant significativement le temps de trajet entre Abidjan et Ferkessédougou, capitale du Tchologo et ville la plus importante du grand nord ivoirien.
L’autoroute du nord existe déjà entre Abidjan et Sinématiali, avec des sections en service ou en voie d’achèvement. Son prolongement jusqu’à Ferkessédougou complète une ambition infrastructurelle de longue date : relier le nord du pays à la capitale économique par une voie rapide moderne, réduisant le temps de trajet de plusieurs heures à une durée comparable à ce que connaissent les villes de la bande côtière. Pour des populations qui souffrent depuis des décennies de l’enclavement relatif du nord par rapport à un système économique concentré dans le sud, cette infrastructure a une dimension symbolique et sociale qui dépasse largement sa valeur économique directe.
Sur le plan économique, le prolongement autoroutier jusqu’à Ferkessédougou connecte à grande vitesse une région dont l’importance stratégique pour la Côte d’Ivoire est considérable. Le Tchologo est au cœur de la production cotonnière du pays, une filière dont la relance est inscrite dans les priorités du PND 2026-2030. Il est aussi proche des zones d’exploitation minière en développement, notamment les permis d’exploration aurifère qui se multiplient dans le nord du pays. Et il constitue le principal couloir de transit terrestre entre la Côte d’Ivoire et le Mali, le Burkina Faso et au-delà le Niger, des pays dont les économies sont en partie dépendantes du port d’Abidjan pour leurs importations et leurs exportations malgré les tensions politiques régionales.
Le financement par la Banque Islamique de Développement dit quelque chose sur la stratégie de diversification des partenaires financiers que la Côte d’Ivoire conduit avec cohérence depuis plusieurs années. La BID n’est pas un partenaire traditionnel du financement des infrastructures ivoiriennes, qui repose historiquement sur la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et les marchés financiers internationaux. En mobilisant la BID sur ce projet, Abidjan élargit son cercle de financeurs et réduit sa dépendance envers quelques institutions dont les conditions et les calendriers peuvent ne pas toujours correspondre à ses besoins. C’est une forme de souveraineté financière par la diversification.
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