Par La Rédaction | Lementor.net
Le vendredi 24 juillet 2026, le Mali et le Maroc ont officiellement bouclé un accord de rapprochement diplomatique après des décennies de relations difficiles. Cette information, confirmée par plusieurs sources concordantes dont Afrique sur 7, a produit moins d’écho médiatique qu’elle ne le méritait. Dans le contexte de recomposition accélérée des alliances en Afrique de l’Ouest et au Sahel, ce rapprochement entre Bamako et Rabat n’est pas un geste protocolaire. C’est un mouvement diplomatique qui dit quelque chose de précis sur les calculs stratégiques des deux capitales.
Les relations mali-marocaines avaient été profondément affectées par plusieurs contentieux successifs. Le rôle du Maroc dans les négociations d’Alger de 2015 qui avaient abouti à l’Accord de paix avait été perçu à Bamako comme partial en faveur des groupes rebelles touareg. Les tensions s’étaient aggravées après le coup d’État de 2020 et le coup d’État de 2021 quand la junte malienne avait progressivement rompu avec les partenaires traditionnels perçus comme trop proches des positions occidentales. Le Maroc, dont la politique africaine est construite sur une relation privilégiée avec les États et leurs gouvernements légitimes, n’avait pas de canal officiel fiable avec Bamako depuis plusieurs années.
Ce rapprochement dit que la junte malienne, après avoir claqué toutes les portes en 2022-2023, commence à comprendre qu’elle ne peut pas gouverner dans un isolement diplomatique total. La visite de Diomaye Faye à Bamako le 28 juillet, premier chef d’État en exercice de la CEDEAO à se rendre dans un pays de l’AES depuis la rupture, s’inscrit dans ce même mouvement d’ouverture prudente. Ces deux signaux concomitants, Mali-Maroc le 24 juillet et Mali-CEDEAO le 28 juillet, disent que quelque chose bouge dans la diplomatie malienne. La pression militaire du JNIM et du FLA, l’isolement économique croissant et les difficultés de l’Africa Corps à tenir les positions conquises produisent un réalisme pragmatique que les discours souverainistes ne peuvent plus masquer indéfiniment.
Pour le Maroc, ce rapprochement s’inscrit dans sa stratégie africaine de long terme. Rabat a multiplié les accords de coopération avec les pays africains depuis le retour du Maroc dans l’Union africaine en 2017. Le Sahel représente un espace stratégique où son influence peut s’exercer à travers la coopération économique, religieuse et sécuritaire. Rétablir un canal diplomatique avec Bamako, même contrôlé par une junte, c’est maintenir une présence dans une région où les reconfigurations en cours vont dessiner la carte des influences pour les prochaines décennies.
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