Par La Rédaction | Lementor.net
C’est fait. C’est historique. C’est mérité. Ce jeudi 25 juin 2026 au Lincoln Financial Field de Philadelphie, les Éléphants de Côte d’Ivoire ont battu Curaçao deux buts à zéro et se sont qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde pour la première fois de leur histoire. Vingt ans après leur première participation, vingt ans de trois éliminations successives au premier tour en 2006, 2010 et 2014, la page est enfin tournée.
Et c’est Nicolas Pépé qui l’a tournée.
L’ailier de Villarreal, trente et un ans, celui qu’on avait cru fini lors de ses années difficiles à Arsenal, celui qui était revenu en sélection après des mois d’absence comme un homme qui a quelque chose à prouver, a inscrit les deux buts ivoiriens. Le premier dès la septième minute, quand le match commençait à peine et que le stade n’avait pas encore trouvé son rythme. Le second à la 63e, pour tuer définitivement les maigres espoirs d’un Curaçao courageux mais dépassé. Nicolas Pépé, auteur d’un doublé qui restera dans l’histoire du football ivoirien. Nicolas Pépé, qui a attendu ce moment depuis si longtemps.
Le match en lui-même a raconté exactement ce qu’on attendait. Curaçao, entraîné par le vétéran néerlandais Dick Advocaat, a proposé le même visage que lors de ses deux premières sorties : un bloc défensif compact, une discipline tactique remarquable pour une équipe de 150 000 habitants, et un gardien Eloy Room qui a encore multiplié les interventions pour retarder l’inévitable. La Blue Wave avait besoin de gagner pour espérer une qualification en tant que meilleur troisième. Elle s’est accroché, elle a lutté, elle a rendu hommage à tout ce que représente ce Mondial pour une île des Caraïbes qui n’avait rien à faire à ce niveau selon les lois habituelles du football mondial. Mais la classe individuelle des Éléphants a fini par faire la différence.
Emerse Faé avait aligné un onze légèrement remanié par rapport au match contre l’Allemagne. Yahia Fofana dans les buts. Guéla Doué, Odilon Kossounou, Ousmane Diomandé et Christopher Operi en défense, Evan Ndicka étant ménagé ou remplacé selon les besoins. Ibrahim Sangaré et Franck Kessié en milieu avec le Christ Inao Oulaï dont la montée en puissance dans ce tournoi a été l’une des bonnes surprises ivoiriennes. Et en attaque, Nicolas Pépé et Ange-Yoan Bonny aux côtés d’Amad Diallo et Yan Diomandé.
Ce que cette qualification dit de cette génération et de son sélectionneur dépasse le seul résultat sportif. Emerse Faé a pris une équipe qui avait raté deux qualifications consécutives pour la Coupe du monde, qui portait le poids de trois éliminations prématurées en phase de groupes, et il l’a reconstruite patiemment, méthodiquement, sans chercher les raccourcis ni les noms ronflants. Il a fait confiance à un groupe large, il a développé une identité collective reconnaissable, il a gagné la France en amical et il a qualifié ses Éléphants pour le deuxième tour du Mondial. À trente-sept ans, il est en train d’écrire l’une des plus belles histoires du football africain.
Pour la Côte d’Ivoire tout entière, ce jeudi soir à Philadelphie représente autre chose encore. C’est la réconciliation d’un peuple avec lui-même à travers son football. Un pays qui a traversé des décennies difficiles, des crises, des fractures, des moments où on se demandait si le ciment national tiendrait encore. Et qui trouve dans ces Éléphants, dans ces quatre-vingt-dix minutes, dans ce but de Pépé à la septième minute qui fait exploser les maquis d’Abidjan, la preuve que quelque chose de profond et de durable le réunit toujours.
La Côte d’Ivoire est en huitièmes de finale. La suite appartient à l’avenir. Mais ce soir, laissons la fête avoir lieu. Elle est méritée. Allez les Éléphants.
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