Par La Rédaction | Lementor.net
Le pari du gouvernement ivoirien était risqué. Financer 70,2 % du PND 2026-2030, soit 80 616 milliards de FCFA, par le secteur privé dans un contexte mondial de remontée des taux d’intérêt et de compétition accrue entre économies émergentes. Le résultat annoncé le 27 juillet par le CEPICI dit que ce pari est en voie d’être tenu.
Le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire a mobilisé 28 244 milliards de FCFA soit 49,2 milliards de dollars d’intentions d’investissement auprès d’opérateurs nationaux et internationaux. Ce chiffre représente la contribution du secteur privé lors de la deuxième journée du Groupe consultatif du 9 juillet 2026, dédiée aux investisseurs privés après la première journée consacrée aux partenaires techniques et financiers qui avaient engagé 47 820 milliards. Les deux journées combinées produisent un résultat total considérable que personne n’avait anticipé à cette échelle.
Les détails de cette mobilisation méritent d’être lus avec précision. Le CEPICI a recueilli 79 expressions d’intérêt dont 72 lettres d’intention fermes et 7 manifestations d’intérêt. Sur les 28 244 milliards mobilisés, 21 064,64 milliards concernent des projets portés par les ministères et les structures publiques. Les 7 179,36 milliards restants visent des projets directement initiés par le secteur privé. Les secteurs concernés couvrent les priorités du PND : énergie, hydrocarbures, mines, industrie, logistique, agriculture, agro-industrie, numérique, infrastructures, santé et hydraulique.
Ce résultat est l’aboutissement de plusieurs mois de préparation intense. Des roadshows internationaux dans les principales places financières mondiales. Des missions économiques ciblées. Des rencontres directes avec des investisseurs institutionnels, des banques d’affaires et des fonds spécialisés. Des consultations avec les représentations diplomatiques des pays partenaires pour identifier les acteurs privés potentiellement intéressés. Cette stratégie de prospection proactive distingue cette édition des précédentes où le CEPICI attendait davantage les investisseurs qu’il ne les sollicitait.
La prudence s’impose néanmoins sur l’interprétation de ces chiffres. Ces 28 244 milliards sont des intentions d’investissement, pas des décaissements. Entre une lettre d’intention et un premier versement sur un projet opérationnel, il y a des étapes de négociation, de due diligence, de structuration juridique et financière et de réalisation des conditions préalables qui peuvent s’étirer sur des mois ou des années. Le CEPICI en est conscient et c’est précisément la raison pour laquelle le GUDIP, Guichet Unique de Données sur les Investissements Privés, a été lancé pour assurer le suivi rigoureux de chaque engagement. Ce suivi déterminera si juillet 2026 restera dans l’histoire comme le point de départ d’une transformation économique réelle ou comme un record d’annonces sans lendemain.
Leave a comment