Par La Rédaction | Lementor.net
Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2026, l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information de Côte d’Ivoire a activé la PKI nationale. Ce sigle technique, Public Key Infrastructure ou Infrastructure à Clés Publiques, désigne quelque chose de concret et de fondamental : la capacité d’un État à certifier lui-même l’authenticité des échanges numériques qui se déroulent sur son territoire.
Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique Djibril Ouattara l’a annoncé le 23 juillet lors d’un atelier national à Abidjan-Plateau : la Côte d’Ivoire dispose désormais pour la première fois d’une racine de confiance nationale souveraine pour l’ensemble de son écosystème de certification électronique. Cette formule dit l’essentiel. Avant ce 22 juillet, tous les certificats numériques utilisés en Côte d’Ivoire dans les administrations, les banques, les entreprises, dépendaient d’autorités de certification étrangères. Désormais, la Côte d’Ivoire est elle-même au sommet de sa propre arborescence de certification.
Ce que cela change concrètement pour les citoyens, les entreprises et l’administration est précis. La PKI garantit l’authenticité, c’est-à-dire que vous êtes bien en relation avec qui vous croyez être. Elle garantit l’intégrité, c’est-à-dire que le document que vous recevez n’a pas été modifié en transit. Et elle garantit la non-répudiation, c’est-à-dire que celui qui a signé électroniquement ne peut pas nier l’avoir fait. Ces trois piliers sont indispensables à tout déploiement sérieux de l’administration électronique, des marchés publics dématérialisés, de la facturation électronique et des services bancaires numériques.
Cette mise en service s’inscrit dans la feuille de route 2026-2028 du ministère et dans la future Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 qui prévoit 40 chantiers structurants. Elle accompagne directement les ambitions numériques du PND 2026-2030 dont l’économie numérique est un axe prioritaire. Et elle répond à une menace croissante documentée : la Côte d’Ivoire figure parmi les pays africains les plus exposés aux cyberattaques selon les données de l’INTERPOL Afrique qui rapporte que les incidents cyber ont progressé de plus de 30 % sur le continent entre 2023 et 2025.
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