Par La Rédaction | Lementor.net
Le sergent-chef Coulibaly Aimé Lamtou, douanier en service à Yamoussoukro, a été inhumé ce vendredi 14 août 2026 à Tafiré. Mais derrière les obsèques, une famille cherche encore à comprendre ce qui s’est passé entre le lundi 3 août à 13 heures, heure à laquelle il a quitté son domicile, et le mardi 4 août au soir, heure à laquelle son décès a été annoncé à ses proches. L’écart entre ce que montre une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, une violente altercation avec plusieurs personnes après un accrochage avec un taxi communal, et la version communiquée à la famille sur le lieu de découverte du corps, un lac, est au cœur des interrogations qui entourent cette affaire.
Les faits tels que la veuve, Rebecca, les a rapportés sont précis dans leur chronologie. Le lundi 3 août vers 13 heures, Coulibaly Aimé Lamtou quitte le domicile familial en indiquant qu’il part faire réparer la vitre de son véhicule. Il ne rentre pas. Son épouse, inquiète, entreprend des recherches avec l’aide d’un membre de la famille. La disparition est signalée aux services de police. Aucune information précise n’est obtenue dans l’immédiat. Le mardi 4 août entre 20 heures et 21 heures, la famille apprend son décès. Le corps aurait été retrouvé dans un lac selon les informations communiquées aux proches. Des policiers et des amis du défunt étaient présents sur les lieux selon le témoignage de Rebecca.
La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux avant l’annonce du décès montre une scène différente. Le douanier apparaît dans une violente altercation avec plusieurs personnes. Au cours de la bagarre, le sergent-chef aurait reçu plusieurs coups avant de s’effondrer. Cette vidéo ne permet pas à elle seule d’établir les circonstances exactes de la mort. Mais elle crée une discordance que la famille ne parvient pas à résoudre avec la version du corps retrouvé dans un lac. Comment passe-t-on d’une altercation physique documentée sur vidéo à une découverte du corps dans l’eau ? Cette question est au cœur de la plainte que le père du défunt a déposée auprès des autorités judiciaires compétentes.
Un autre élément retient l’attention dans le récit de la veuve. Rebecca affirme que son mari portait un tee-shirt gris à rayures lorsqu’il a quitté la maison le 3 août. Le même vêtement aurait été retrouvé sur le corps du défunt. Ce détail vestimentaire, évoqué spontanément par la veuve, dit que la famille cherche à établir une continuité entre l’homme qui est parti et le corps qui a été retrouvé. Dans une affaire où les circonstances exactes du décès restent à établir, ce type de détail peut devenir un élément d’enquête pertinent.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large sur lequel lementor.net a déjà alerté. Le Prophète David Jérémie avait été interpellé le 10 août pour ses propos sur les circonstances de la mort du colonel-major Fofié Kouakou le 9 août à Daloa. Le Parquet avait publiquement démenti les rumeurs sur les circonstances du décès de Fofié et mis en garde contre la diffusion de fausses nouvelles. Ces deux affaires distinctes disent quelque chose sur l’état de l’information en Côte d’Ivoire quand des décès surviennent dans des circonstances qui ne sont pas immédiatement claires. Les réseaux sociaux comblent le vide informationnel laissé par l’absence de communication officielle rapide. Ce vide peut produire des rumeurs qui distordent la réalité. Mais il peut aussi révéler des éléments que seule une enquête judiciaire sérieuse pourra confirmer ou infirmer. Dans l’affaire Coulibaly Aimé Lamtou, la famille attend que toute la lumière soit faite.
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