Depuis son accession à la tête de la Fédération ivoirienne de football (FIF) en avril 2022, Yacine Idriss Diallo s’est progressivement affirmé comme un acteur clé de la stabilisation du football ivoirien. À l’approche de l’élection de 2026, le dirigeant met en avant un bilan centré sur la pacification du milieu, la modernisation de la gestion et la quête de performances durables.
Un mandat entamé dans un climat de tensions
Élu le 23 avril 2022 à Yamoussoukro à l’issue d’un scrutin particulièrement disputé face à Sory Diabaté, le nouveau président hérite d’une institution fragilisée par des divisions internes et une période de transition sous tutelle. Avec pour mot d’ordre « rassembler pour mieux bâtir », il s’engage dès sa prise de fonction à restaurer le dialogue entre les différentes composantes du football national.
Sa rencontre avec le chef de l’État, Alassane Ouattara, marque un premier signal fort, traduisant sa volonté d’inscrire son action dans une dynamique de réforme, de rigueur administrative et de transparence.
Apaisement du climat et réorganisation institutionnelle
Parmi ses premières décisions, l’intégration de figures issues de camps opposés, dont Didier Drogba, au sein des instances dirigeantes, illustre une stratégie d’ouverture. Cette démarche vise à atténuer les fractures héritées des précédentes crises.
En parallèle, la FIF amorce des ajustements structurels : meilleure tenue des Assemblées générales, accent renforcé sur la transparence financière et volonté affichée de moraliser la gestion. Ces évolutions contribuent à redorer progressivement l’image de l’institution sur la scène africaine.
Une politique de professionnalisation progressive
Sur le plan sportif, la réforme des compétitions constitue un levier majeur. L’élargissement de la Ligue 1 à 16 équipes dès la saison 2022-2023 traduit une ambition d’élargir la base compétitive et de dynamiser le championnat.
Dans le même élan, l’augmentation des subventions aux clubs de l’élite, passées de 75 à 100 millions de FCFA, apporte un soutien non négligeable à des structures souvent fragiles. Toutefois, la question de l’autonomie financière des clubs, notamment à travers le sponsoring et les partenariats, reste posée.
La CAN 2023, vitrine d’un renouveau
L’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2023 en Côte d’Ivoire constitue un moment charnière du mandat. La réussite de cet événement continental participe au repositionnement du pays sur l’échiquier du football africain et renforce la crédibilité de la gouvernance fédérale.
Dans cette dynamique, Yacine Idriss Diallo consolide également son influence à l’international, avec son intégration au comité exécutif de la Confédération africaine de football et son ambition affichée de rejoindre le Conseil de la Fédération internationale de football association.
À quelques mois du scrutin prévu en septembre 2026, le président sortant se positionne pour un nouveau mandat, fort d’un bilan qu’il présente comme structurant. Mais la compétition s’annonce ouverte.
La candidature de Souleymane Cissé, président du Racing Club d’Abidjan, révèle l’existence d’une opposition qui juge les réformes encore insuffisantes et plaide pour une transformation plus profonde du système.
Entre partisans de la stabilité et promoteurs du changement, l’élection de 2026 dépasse désormais le cadre sportif. Elle s’impose comme un moment décisif pour l’avenir du modèle de gouvernance du football ivoirien.
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