Par AN | Lementor.net
Le ministre ivoirien en charge de l’Agriculture, Bruno Koné, a proposé de renforcer la production locale d’engrais à l’échelle ouest-africaine. Cette initiative a été présentée le lundi 23 mars 2026, lors d’une visioconférence réunissant les ministres de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, selon le site officiel du ministère.
L’objectif principal de cette réunion était d’élaborer une stratégie commune face à deux défis majeurs : la flambée des prix de l’énergie et la raréfaction des engrais sur le marché mondial, qui affectent lourdement les exploitations agricoles de la région. « Nous sommes prêts à soutenir toute action visant à développer une production régionale d’envergure », a déclaré Bruno Koné, plaidant pour une réduction de la dépendance vis-à-vis des importations.
Le volet fiscal a également été au centre des échanges. Le ministre a rappelé que la Côte d’Ivoire connaît actuellement une instabilité dans la taxation des engrais, passée d’une TVA nulle à 18 %, avant de se stabiliser à 9 %. Des discussions sont en cours pour envisager une exonération totale, afin de rendre ces intrants plus accessibles aux agriculteurs. Il a enfin souligné le rôle clé que pourrait jouer le secteur privé dans la production locale.
Ces discussions interviennent dans un contexte régional préoccupant. Malgré la Déclaration d’Abuja de 2006 qui fixait un objectif de 50 kg de nutriments par hectare, l’utilisation d’engrais reste très en deçà des attentes. Pour y remédier, la CEDEAO a inauguré en juin 2024 un hub régional pour les engrais et la santé des sols, installé à Ibadan (Nigéria), avec le soutien de l’IITA, du Centre international pour le développement des engrais (IFDC), d’OCP Africa et de la Banque mondiale.
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