La Rédaction | lementor.net
Depuis plusieurs semaines, la question de la VAR dans le championnat ivoirien alimente une polémique qui mérite d’être éteinte par les faits. Car les faits, précisément, racontent une histoire plus nuancée que celle que les réseaux sociaux ont diffusée.
Voici ce qui s’est réellement passé.
Dans le cadre des préparatifs de la CAN 2023, le Comité d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, le COCAN, avait acquis un ensemble de matériels techniques de retransmission d’envergure : des VAR, des Outside Broadcast Van, les fameux OBVAN, des systèmes fly over et l’ensemble des équipements nécessaires à la production et à la diffusion des matchs à un niveau international. Ce matériel avait été commandé, financé et intégré dans le dispositif technique de la compétition.
Mais les retards de fabrication ont bousculé le calendrier. Les équipements n’ont pas été livrés à temps pour la CAN. La CAF a donc loué le matériel nécessaire pour assurer la production et la diffusion de la compétition, ce qui a permis à la CAN 2024 de se tenir dans les conditions techniques attendues. La commande du COCAN, elle, est arrivée après la compétition. Deux VAR ont alors été remises à la RTI. Mais une situation contractuelle particulière a immédiatement bloqué leur opérationnalité : le fournisseur, n’ayant pas été entièrement soldé par l’État, n’avait installé qu’une partie des logiciels nécessaires. Les équipements existaient. Ils ne fonctionnaient que partiellement.
C’est dans cet état que les premiers essais ont été conduits. Une VAR, pas deux, au stade Champroux d’Abidjan, dans le cadre de séances de formation supervisées par Yeo Songifolo. Les équipes techniques étaient formées, motivées, prêtes à travailler. Mais travailler avec un outil incomplet, c’est travailler avec une promesse à moitié tenue. La FIF avait annoncé la VAR. La réalité du terrain était plus complexe.
Le dénouement est venu de l’État. Le gouvernement ivoirien a finalement procédé au règlement complet du marché. La société fournisseure est revenue en Côte d’Ivoire pour finaliser l’installation de l’ensemble des logiciels et mettre en marche la totalité des équipements objets du marché COCAN. Les VAR sont désormais opérationnelles. Tout le matériel l’est.
Alors la VAR en Ligue 1 ivoirienne pour la saison prochaine ? C’est désormais possible. À une condition : que la RTI, qui assume la responsabilité opérationnelle du dispositif, décide de s’engager dans ce déploiement. L’équipement est là. Les formations ont été conduites. Le cadre technique existe. La décision est maintenant entre les mains de la télévision nationale.
Ce que cette séquence enseigne est important pour la réputation de la FIF et pour la compréhension publique du fonctionnement des grands marchés sportifs. La Fédération avait fait une promesse. Cette promesse était fondée sur une réalité concrète : un marché signé, un matériel commandé, des formations engagées. Mais entre la promesse et sa réalisation, des facteurs extérieurs à la FIF, les délais de fabrication du fournisseur, la situation contractuelle avec l’État, ont retardé l’aboutissement. Imputer à la Fédération l’échec de la VAR sans tenir compte de ces paramètres, c’est une lecture incomplète.
La polémique peut s’éteindre. Les conditions techniques sont réunies. L’année prochaine, si la RTI joue son rôle, les supporters ivoiriens pourraient voir pour la première fois la technologie de l’assistance vidéo à l’arbitrage appliquée dans leur championnat national. Ce serait une étape importante dans la professionnalisation du football ivoirien, cohérente avec les ambitions d’un pays qui vient de qualifier ses Éléphants pour une Coupe du monde et qui prépare son retour sur la scène planétaire.
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