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Le RHDP a annoncé ce mardi 13 mai une série de nominations à des postes stratégiques de ses instances internes. Ces désignations, intervenant dans un contexte politique marqué par les préparatifs des prochaines échéances électorales et les tensions internes documentées depuis les législatives de décembre 2025, dessinent les contours d’un parti qui cherche à consolider sa gouvernance interne autant qu’à consolider son hégémonie externe.
Kobenan Kouassi Adjoumani prend la tête du Comité des sages et de médiation. La nomination n’est pas anodine. Elle intervient trois semaines après le discours de Bondoukou dans lequel il avait déclaré que les membres du RHDP sont tous des transfuges et avait appelé à cesser les attaques internes. Confier à cet homme précisément la mission de prévenir et gérer les différends au sein du parti, c’est reconnaître publiquement que sa sortie de Bondoukou n’était pas une maladresse mais un diagnostic. Et que la direction du parti partage ce diagnostic au point d’en faire le médiateur officiel. C’est aussi, pour Adjoumani, une réhabilitation symbolique après la disgrâce de janvier 2026 qui l’avait écarté du ministère de l’Agriculture.
Alain-Richard Donwahi, ancien ministre et cadre influent du parti, est nommé président de l’Inspection générale du RHDP. Son rôle sera le contrôle et le suivi du fonctionnement des structures internes. Dans un parti qui a sanctionné 177 cadres et militants en mars 2026 pour indiscipline électorale, ce poste de contrôle est politiquement sensible. Donwahi devra exercer une autorité de régulation sans alimenter les frustrations d’un appareil déjà travaillé par des tensions multiples.
Sarah Sako Fadiga est nommée présidente du Conseil de l’Ordre, instance chargée des questions d’éthique et du respect des principes internes du parti. Sa nomination est un signal de diversification dans les profils promus aux postes de direction, dans un parti où les figures féminines restaient sous-représentées dans les instances de gouvernance.
Albert François Amichia, ancien maire d’Abidjan et figure connue du RHDP, prend la présidence du Conseil de discipline. C’est lui qui sera chargé de veiller au respect des règles et des textes régissant le fonctionnement du parti. Un poste qui, dans le contexte post-sanctions de mars 2026, exige autant de fermeté que de discernement.
Ces quatre nominations dessinent ensemble un tableau cohérent. Le RHDP dote ses instances de régulation interne de profils qui ont tous, à des degrés divers, une légitimité reconnue dans leurs domaines respectifs. C’est un parti qui se prépare à gérer les tensions de la séquence post-Ouattara sans les laisser s’exprimer dans l’espace public, mais en leur donnant des canaux institutionnels internes. La question est de savoir si ces canaux seront assez solides pour contenir des frustrations qui s’accumulent depuis plusieurs années.
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