Par La Rédaction | Lementor.net
Malick Adam Tohé ne sera pas candidat à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football le 12 septembre 2026. Cette décision, fruit d’une maturité politique rare dans le sport africain, dit quelque chose d’essentiel sur ceux qui dirigent et sur ce qu’ils pensent du football ivoirien : certains combats valent moins que la cause qu’ils prétendent servir.
Premier vice-président du COMEX depuis 2022, président du Club Omnisports de Korhogo, homme de dossiers discret et respecté, Malick Tohé a partagé avec Yacine Idriss Diallo quatre ans de reconstruction après les années sombres du Comité de normalisation. Il était là quand les Éléphants ont soulevé la CAN 2024 à domicile. Il était là quand la qualification pour le Mondial 2026 a été obtenue sans une seule défaite. Il était là quand les huitièmes de finale historiques se sont joués sur le sol américain. Ces succès sont aussi les siens. Sa décision de ne pas candidater dit qu’il les considère comme une responsabilité collective plutôt que comme une plateforme personnelle.
Cette posture est rare. Elle mérite d’être nommée pour ce qu’elle est : un acte de responsabilité institutionnelle. Une élection fratricide entre deux hommes du même COMEX, dont les différences programmatiques n’auraient jamais été clairement articulées, aurait fracturé une équipe dirigeante dont la cohésion est précisément l’un des atouts du football ivoirien depuis 2022. Malick Tohé a choisi de protéger cette cohésion avec lui son aîné, Yacine Idriss Diallo. Le football ivoirien lui en sera reconnaissant même si les livres de score n’en garderont pas la trace.
Le scrutin du 12 septembre 2026 à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro peut maintenant se concentrer sur ce qui compte vraiment. Yacine Idriss Diallo sera réélu InshALLAH. Son bilan est indiscutable. Les 394 clubs affiliés en 2022 sont devenus 673. Le nombre de matchs organisés par saison a doublé, de 1 890 à 4 083. Les subventions aux clubs ont été revalorisées à 100 millions FCFA pour la Ligue 1. Un plancher salarial a été instauré pour les joueurs professionnels. La CAN 2023 a été organisée sur sol ivoirien. Le titre de champion d’Afrique a été remporté en février 2024. Les Éléphants ont atteint les huitièmes de finale d’un Mondial pour la première fois de leur histoire. Ces résultats ne se discutent pas. Ils se prolongent.
Le deuxième mandat de YID devra répondre à des questions que le premier mandat a posées sans y répondre entièrement. La prochaine CAN se tiendra en 2027 avec une formule élargie à 24 équipes. Les Éléphants y arrivent forts de leur titre de 2024 et d’un quart de finale à la CAN 2025 au Maroc, avec l’ambition de figurer parmi les prétendants sérieux à un quatrième sacre continental. Les Éliminatoires débuteront dans les prochains mois. La préparation commence maintenant.
Les infrastructures locales restent un chantier ouvert. Le Centre technique national réhabilité est un progrès réel mais le réseau de terrains de qualité dans les régions reste insuffisant pour les ambitions d’une fédération qui veut porter son nombre de clubs affiliés encore plus haut. La formation des entraîneurs dans les catégories de jeunes mérite un investissement structurel que le deuxième mandat devra formaliser. Et la filière de détection dans les régions, qui a produit les Éléphants de demain depuis des décennies, a besoin de ressources pérennes pour ne pas dépendre uniquement des académies privées.
Les Éléphantes méritent une mention particulière dans ce programme. La victoire 4-1 contre le Burkina Faso le 27 juillet à Casablanca et le retour des femmes en phase finale de CAN après 12 ans d’absence disent que l’investissement dans le football féminin produit des résultats. Ce deuxième mandat devra consolider cette trajectoire, doter la sélection féminine de ressources pérennes et construire les passerelles entre les clubs féminins locaux et les centres de formation. Les Éléphantes jouent leur qualification pour le Mondial 2027 au Brésil dans ce même tournoi. Les accompagner jusqu’au bout est une priorité institutionnelle que le COMEX sortant et entrant doit inscrire en tête de son programme.
Malick Tohé, en restant premier vice-président du COMEX, continue son beau chemin. Ses réseaux dans le monde des affaires sportives, sa connaissance du football des régions à travers le COK de Korhogo, son regard sur la gouvernance : autant d’atouts que la FIF garde dans son organigramme et qui serviront le football ivoirien dans les années qui viennent. Les grandes institutions se construisent avec des hommes qui savent quand avancer et quand accompagner. Malick Tohé a montré qu’il était de ceux-là.
Le 12 septembre 2026 à Yamoussoukro, le football ivoirien tournera une page et en ouvrira une autre. La cause qui unit tous ces hommes autour d’une table est plus grande que leurs ambitions individuelles. Elle s’appelle les Éléphants. Elle s’appelle la CAN 2027. Elle s’appelle le football de demain pour les millions de jeunes Ivoiriens qui rêvent de porter l’orange.
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