La rédaction | Lementor.net
Ce mercredi 13 mai 2026, le Nonce apostolique en Côte d’Ivoire, Mgr Mauricio Rueda Beltz, a annoncé officiellement à l’auditorium de la Cathédrale Saint-Paul du Plateau la nomination par le pape Léon XIV de l’abbé Aguia Jean Martial Arnaud Kouamé comme deuxième évêque auxiliaire de l’Archidiocèse d’Abidjan. Il se voit attribuer le siège titulaire de Sutunurca. Son ordination épiscopale est prévue pour le 11 juillet 2026.
Cette nomination est la deuxième en moins de trois mois pour l’Archidiocèse d’Abidjan. Le 19 février 2026 déjà, le pape Léon XIV avait nommé Mgr Gaspard Béby Gnéba premier évêque auxiliaire du diocèse. En nommant un second auxiliaire si rapidement, le Saint-Siège envoie un signal fort sur la place stratégique qu’occupe Abidjan dans l’architecture ecclésiale de l’Afrique de l’Ouest. Le Cardinal Ignace Bessi Dogbo, archevêque d’Abidjan, l’a dit sans détour lors de la cérémonie : le pape montre son attachement à ce diocèse hautement stratégique pour la Côte d’Ivoire, stratégique pour la sous-région, stratégique pour l’Afrique et le monde.
Le profil du nouvel évêque auxiliaire est celui d’un homme d’Abidjan, formé et revenu à Abidjan. Né le 26 mars 1977 dans la capitale économique ivoirienne, Jean Martial Arnaud Kouamé a obtenu une licence en philosophie et une licence en théologie au Séminaire universitaire Saint-Paul VI. Il a été ordonné prêtre le 15 janvier 2005 pour l’Archidiocèse métropolitain d’Abidjan. Son parcours sacerdotal l’a conduit d’abord à la Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan comme vicaire entre 2005 et 2008, puis dans l’Archidiocèse de Strasbourg, notamment à l’église Saint-François-d’Assise de la Zinsel, avant un retour en Côte d’Ivoire. Depuis 2022, il était curé de la Paroisse Saint-Ambroise Ma Vigne Ma Vie de Cocody-Angré, l’une des paroisses les plus dynamiques de la commune.
Prenant la parole après l’annonce de sa nomination, l’abbé Kouamé a exprimé son humilité avec des mots qui disent la conscience du poids de la mission qui lui est confiée : je mesure le poids de cette responsabilité, je me confie à l’Esprit Saint, qu’il me donne le courage du pasteur et la tendresse du serviteur. Le Cardinal Bessi Dogbo a présenté le rôle du nouvel évêque auxiliaire avec une image parlante : il sera envoyé auprès des communautés là où je ne peux aller moi-même pour qu’il soit auprès de vous l’amour bienveillant du pasteur.
La présence de deux évêques auxiliaires est une nécessité pastorale dans une archidiocèse dont la croissance démographique est vertigineuse. Abidjan compte aujourd’hui entre 7 et 10 millions d’habitants selon les estimations. Ses paroisses débordent, ses quartiers périphériques grandissent plus vite que les structures ecclésiales ne peuvent les couvrir, et les demandes de sacrements, confirmations, ordinations, mariages, funérailles, dépassent la capacité d’un seul archevêque. En dotant Abidjan de deux auxiliaires actifs, le pape Léon XIV dit qu’il a pris la mesure de ce défi pastoral et qu’il entend y répondre avec les moyens humains nécessaires.
L’archidiocèse d’Abidjan, fondé en 1955, est aujourd’hui l’un des plus importants d’Afrique subsaharienne avec plus d’un million et demi de catholiques sur un bassin de population d’environ cinq millions. Son dynamisme catéchétique, ses nombreuses congrégations religieuses et son rayonnement régional en font un acteur central de la vie catholique africaine. La nomination de Jean Martial Arnaud Kouamé, prêtre abidjanais formé à Abidjan et revenu à Abidjan, s’inscrit dans cette logique : une Église qui se construit depuis l’intérieur de sa propre communauté.
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