Par La Rédaction | Lementor.net
Le 23 avril 2022, Yacine Idriss Diallo prenait les rênes d’une fédération exsangue. La FIF sortait d’un Comité de normalisation imposé par la FIFA en décembre 2020, une humiliation institutionnelle sans précédent dans l’histoire du football ivoirien. Deux ans de tutelle internationale. Deux ans sans élection légitime. Deux ans pendant lesquels le football ivoirien avait raté sa qualification pour le Mondial 2022 et vu sa crédibilité s’effondrer sur la scène africaine et mondiale. C’est cette institution-là que YID a reçue en héritage. Ce qu’il en a fait en quatre ans est le meilleur argument pour son deuxième mandat.
Il faut nommer ce que le Comité de normalisation a vraiment coûté au football ivoirien pour comprendre pourquoi la continuité n’est pas un mot creux dans ce contexte. Ce n’est pas seulement une absence de résultats sportifs. C’est une destruction de la confiance institutionnelle qui prend des années à reconstruire. Les clubs ne savent plus à qui s’adresser. Les coaches nationaux ne savent plus qui les mandate. Les partenaires financiers se retirent. Les compétitions régionales se déroulent sans fédération crédible pour les représenter. Et les joueurs, ceux qui porteront le maillot national, évoluent dans un vide de gouvernance qui affecte directement leur préparation et leurs performances. La Côte d’Ivoire l’a vécu. Elle ne peut pas se permettre d’y retourner.
YID est arrivé avec un programme en six axes et un mot d’ordre : rassembler pour reconstruire. Quatre ans plus tard, les chiffres disent ce que les discours ne peuvent pas fabriquer. Le nombre de clubs affiliés est passé de 394 à 673. Le nombre de matchs organisés par saison a doublé, passant de 1 890 à 4 083. Les subventions aux clubs ont été revalorisées à 100 millions FCFA pour la Ligue 1, 50 millions pour la Ligue 2 et 30 millions pour la Division 3. Un plancher salarial a été instauré pour les joueurs professionnels. Le Centre technique national a été réhabilité. Des commissions véritablement indépendantes ont été mises en place, leurs membres élus par l’Assemblée générale plutôt que nommés par la direction. Ce n’est pas un bilan de communication. C’est un bilan de construction.
Les résultats sportifs sont le couronnement visible de cette reconstruction silencieuse. Organisation réussie de la CAN 2023 sur sol ivoirien. Titre de champion d’Afrique remporté en février 2024 dans des circonstances que les Ivoiriens n’oublieront jamais, dos au mur après une phase de groupes catastrophique, remontée en flèche, titre final à domicile. Qualification pour le Mondial 2026 avec 26 points en phase qualificative, zéro défaite, meilleure différence de buts des équipes africaines. Et pour la première fois de leur histoire, les Éléphants atteignent les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Ce parcours ne s’improvise pas. Il se prépare, se planifie et se finance par une fédération qui fonctionne.
La FIF a également renforcé son positionnement international sous ce mandat. YID siège au Comité exécutif de la CAF. La Côte d’Ivoire a retrouvé une voix dans les instances du football africain après des années d’absence liée à la crise institutionnelle. Ces positions ne se conquièrent pas avec un bon discours. Elles se méritent par la crédibilité d’une institution qui tient ses engagements, paie ses cotisations, respecte les délais et produit des résultats.
Le 12 septembre 2026 à Yamoussoukro, dans la salle C de la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix, les délégués des clubs, ligues et associations auront un choix à faire. Ce choix n’est pas entre deux visions différentes du football ivoirien. Il est entre la continuité d’un projet dont les résultats sont documentés et mesurables, et l’aventure d’un recommencement dont personne ne peut garantir qu’il ne dilapiderait pas ce qui a été si patiemment construit depuis 2022. Le Comité exécutif dans son entier soutient YID. Les grands acteurs du football le soutiennent. Salif Bictogo, président de la Ligue professionnelle, Jean-Louis Gohouri, directeur exécutif de la FIF, le colonel Koné de la SOA : chacun de ces soutiens dit que ceux qui connaissent le football ivoirien de l’intérieur ont choisi leur camp.
La mémoire du Comité de normalisation doit rester vivante dans ce débat. Pas pour faire peur. Pour rappeler ce que coûte une fédération qui se déchire. Ce que coûte une tutelle internationale. Ce que coûte une Côte d’Ivoire absente du Mondial pendant que ses voisins progressent. YID a sorti le football ivoirien de cet enfer institutionnel. Il l’a conduit jusqu’aux huitièmes de finale d’une Coupe du monde. Le continuer, c’est choisir de finir ce qui a été commencé. Le 12 septembre, les délégués de Yamoussoukro voteront pour ou contre cette évidence.
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