La rédaction | Lementor.net
Assimi Goïta vient de signer le décret portant nomination du général Oumar Diarra comme ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Défense nationale. La décision intervient dix jours après l’assassinat du général Sadio Camara, tué le 25 avril dans sa résidence de Kati.
Ce choix n’est pas anodin. Oumar Diarra était jusqu’ici chef d’état-major général des armées maliennes. Il faisait partie des hauts responsables blessés lors des attaques coordonnées du 25 avril — hospitalisé à l’hôpital militaire de Kati dans un état décrit comme stable. Le voilà sorti de convalescence pour occuper le poste le plus sensible du gouvernement malien en ce moment.
Ce que ce choix dit de Goïta est précis. Il ne cherche pas un inconnu pour gérer la transition. Il nomme un homme du système, blessé au combat, qui connaît l’état réel des forces armées maliennes de l’intérieur. Quelqu’un qui a vécu les attaques du 25 avril dans sa chair. Quelqu’un dont la légitimité auprès des militaires est incontestable précisément parce qu’il était là quand les bombes ont explosé.
Le titre de ministre délégué — et non de ministre de plein exercice — dit aussi quelque chose. Goïta garde la main. La Défense reste sous sa supervision directe, via le Premier ministre Abdoulaye Maïga. Aucun nouveau centre de pouvoir autonome ne peut émerger dans un régime déjà fragilisé par la perte de son pilier militaire.
Camara était l’architecte de la stratégie russe. Diarra sera l’homme de la reconstruction. Deux missions radicalement différentes dans un Mali qui n’est plus le même depuis le 25 avril.
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