Par La Rédaction | Lementor.net
La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba, a engagé ce lundi à Riyad des discussions avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique dans le cadre d’une visite de travail en Arabie saoudite. Reçue par le président de la BADEA, Abdullah Kh. Almusaibeeh, en présence de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à Riyad Drissa Coulibaly, la cheffe de la diplomatie ivoirienne a ouvert des discussions sur le renforcement du partenariat entre Abidjan et l’institution financière arabe et sur la mobilisation de nouveaux financements pour des projets structurants.
Cette visite n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une séquence diplomatique cohérente que la Côte d’Ivoire mène depuis plusieurs mois en direction du monde arabe. Le 10 juillet 2026, le Forum des minéraux critiques avait ouvert un cadre de coopération avec les Émirats Arabes Unis. Le 31 juillet, l’accord de coopération mines et énergie avec le Botswana avait dit que la diversification des partenaires était une politique assumée et non un discours. Et le 8 août, la réception du ministre d’État indien porteur d’un message personnel de la présidente Droupadi Murmu avait confirmé que la diplomatie économique ivoirienne opère sur plusieurs fronts simultanément. Riyad et la BADEA s’inscrivent dans cette même logique de diversification des sources de financement.
La BADEA est un interlocuteur précis pour la Côte d’Ivoire. Créée en 1973 par les pays membres de la Ligue arabe, elle finance des projets de développement en Afrique subsaharienne dans les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. Son portefeuille en Côte d’Ivoire inclut des projets routiers et hydrauliques déjà engagés. Les discussions de Riyad visent à élargir ce portefeuille vers de nouveaux domaines d’intervention en ligne avec les priorités du PND 2026-2030 dont l’enveloppe globale dépasse 114 800 milliards de FCFA sur cinq ans.
Le contexte de cette mission dit l’urgence de la diversification financière pour la Côte d’Ivoire. Le groupe consultatif de juillet 2026 avait mobilisé 47 820 milliards de FCFA en engagements de partenaires techniques et financiers et 28 244 milliards du secteur privé. Des chiffres impressionnants mais qui restent des intentions d’investissement. Entre l’intention et le décaissement il y a des mois de négociation contractuelle, de due diligence et de remplissement des conditions préalables. Multiplier les interlocuteurs financiers, c’est multiplier les chances qu’un dossier avance pendant qu’un autre stagne. La BADEA représente un canal de financement concessionnel qui complète les fenêtres de la Banque mondiale, de la BAD, de la BOAD et des partenaires bilatéraux européens et asiatiques.
Pour Riyad, recevoir la cheffe de la diplomatie ivoirienne au siège de la BADEA dit aussi quelque chose. L’Arabie saoudite cherche à renforcer son influence en Afrique subsaharienne via ses institutions financières multilatérales au moment où la compétition pour l’influence africaine entre les puissances mondiales s’intensifie. La Côte d’Ivoire, première économie de l’UEMOA et porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest francophone, est un partenaire stratégique que Riyad a intérêt à soigner. Cette rencontre est donc à la fois une négociation de financement et un signal politique que les deux parties ont intérêt à envoyer.
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