Par La Rédaction | Lementor.net
Le gouvernement ivoirien a accordé un délai de 15 jours aux propriétaires de supports publicitaires non autorisés à Abidjan pour les démanteler eux-mêmes avant que les autorités ne procèdent d’office à leur enlèvement. Cette décision dit la volonté de l’État de réguler un espace urbain qui s’est progressivement encombré de panneaux, banderoles et enseignes installés sans autorisation préalable de la Direction générale des infrastructures et des équipements urbains. Le délai est court. Le message est clair. Et le contexte dans lequel il intervient dit que cette fois, le gouvernement entend aller jusqu’au bout.
Abidjan compte des milliers de supports publicitaires dont une proportion significative n’a jamais fait l’objet d’une demande d’autorisation ni du paiement des taxes correspondantes. Ces installations illégales posent plusieurs problèmes simultanément. Sur le plan esthétique, elles contribuent à une saturation visuelle de l’espace urbain qui nuit à l’image d’une ville qui se veut une métropole africaine de référence. Sur le plan sécuritaire, des panneaux mal fixés ou surdimensionnés présentent des risques documentés en cas de vents forts ou de pluies intenses. Sur le plan fiscal, leur non-déclaration prive les collectivités locales et l’État de recettes que les opérateurs agréés paient régulièrement pour leurs emplacements légaux. Ces trois dimensions du problème justifient que la réponse soit à la fois administrative, sécuritaire et fiscale.
Ce délai de 15 jours n’est pas le premier coup de semonce sur ce dossier. Les autorités avaient déjà multiplié les avertissements ces dernières années sans que des opérations d’envergure ne suivent systématiquement les annonces. Cette récurrence entre les déclarations et les actions concrètes a installé dans le milieu publicitaire informel la conviction que les délais ne seraient pas tenus et que la tolérance de fait se poursuivrait. Ce qui change avec cette décision est la précision du calendrier et la communication officielle qui l’accompagne. Elle dit que le gouvernement assume la décision publiquement et ne peut plus reculer sans perdre la crédibilité de sa parole.
Le contexte urbain dans lequel s’inscrit cette décision est celui d’une Abidjan en transformation accélérée depuis le 7 août à Yopougon. La fête nationale organisée dans une commune du District autonome d’Abidjan pour la première fois de l’histoire avait mobilisé des moyens considérables pour embellir le boulevard de la Solidarité et ses abords. L’image de Yopougon transformée avait frappé les esprits. Elle dit ce que peut être Abidjan quand les autorités décident d’agir sur le cadre de vie plutôt que de se contenter de gérer la dégradation. Le démantèlement des supports publicitaires illégaux s’inscrit dans cette même logique d’embellissement de l’espace urbain abidjanais. Pas seulement pour les occasions spéciales. De façon permanente et documentée à l’approche des municipales de 2027 où le cadre de vie sera l’un des terrains d’évaluation des maires sortants.
Les opérateurs publicitaires agréés observent cette décision avec une satisfaction qu’ils n’expriment pas toujours publiquement. La prolifération des supports illégaux dans les zones à forte affluence commerciale, carrefours stratégiques, axes routiers principaux, centres commerciaux, fausse la concurrence et prive les opérateurs réguliers d’une partie de leur attractivité commerciale. Un panneau installé illégalement à côté d’un emplacement agréé qui a coûté des millions de FCFA en droits et taxes dit l’injustice économique d’un système qui ne fait pas respecter ses propres règles. Cette décision du gouvernement est donc aussi une décision de défense de la loyauté de la concurrence dans le secteur publicitaire abidjanais.
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