Par La Rédaction | Lementor.net
La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a officiellement intégré le Hollywood Walk of Fame, l’un des honneurs les plus reconnus dans le monde du spectacle international. Son étoile rejoint celles des plus grandes stars de la musique mondiale dans ce couloir de la gloire qui longe Hollywood Boulevard à Los Angeles. C’est la première artiste d’Afrique de l’Ouest francophone à accéder à cette distinction qui consacre soixante ans de présence sur les scènes mondiales et cinq Grammy Awards.
Angélique Kidjo est née le 14 juillet 1960 à Ouidah au Bénin. Elle grandit dans une famille de musiciens, apprend le chant dans un pays qui sera l’un des premiers d’Afrique de l’Ouest à développer une scène musicale urbaine structurée dès les années 1970. Elle rejoint Paris au début des années 1980 dans une diaspora africaine qui cherche à exister culturellement dans une Europe qui ne la voit pas encore. Son premier album international paraît en 1991. Ce qui suit est l’une des carrières les plus cohérentes et les plus durables de la musique africaine contemporaine. Afrofunk, jazz, gospel, musiques traditionnelles béninoises et yoruba : Angélique Kidjo traverse les genres avec une liberté que peu d’artistes africains ont osé revendiquer sans jamais perdre leur public. Elle ne choisit pas entre l’Afrique et le monde. Elle dit que l’Afrique est le monde.
Les chiffres de sa carrière disent l’ampleur de cette trajectoire. Cinq Grammy Awards dont deux pour le meilleur album de world music. Des collaborations avec Carlos Santana, Peter Gabriel, Alicia Keys, Yo-Yo Ma et Philip Glass. Des concerts à Carnegie Hall, à l’Opéra de Paris et sur les plus grandes scènes des cinq continents. Une ambassade de bonne volonté auprès de l’UNICEF depuis 2002. Un engagement documenté pour l’éducation des filles en Afrique à travers sa fondation Batonga qui a financé les études de plus de 700 jeunes filles africaines depuis sa création en 2006. Une interprétation de l’intégralité de l’album Remain in Light des Talking Heads qui a stupéfié la critique mondiale en 2018. Et maintenant une étoile sur Hollywood Boulevard.
Ce que son entrée au Walk of Fame dit sur la place de la musique africaine dans le monde en 2026 dépasse la seule carrière d’une artiste. Pendant des décennies, la musique africaine était reconnue dans les cercles de la world music, célébrée dans les festivals alternatifs, admirée par les connaisseurs mais rarement intégrée dans le mainstream des honneurs musicaux mondiaux. Le Hollywood Walk of Fame est le mainstream absolu de la culture populaire américaine, l’endroit où les industries du spectacle mondial reconnaissent leurs pairs les plus influents. Y entrer dit que la musique d’Angélique Kidjo, qui est aussi la musique du Bénin, du Yoruba, de l’Afrique de l’Ouest francophone, a franchi une frontière symbolique que peu avaient franchie avant elle.
Cette consécration intervient dans un moment particulier pour le Bénin et pour l’Afrique de l’Ouest. Le Bénin de Romuald Wadagni vient d’inaugurer son Sénat avec Patrice Talon comme premier président. Sa note souveraine vient d’être relevée par Moody’s à Ba3. Et maintenant l’une de ses filles les plus célèbres entre au Hollywood Walk of Fame. Ces trois événements simultanés disent que le Bénin n’est pas seulement un pays qui gère ses finances publiques avec méthode. C’est aussi un pays dont la culture rayonne à l’échelle mondiale. Le continent africain tout entier peut s’en réjouir. Angélique Kidjo a mis une étoile africaine sur le trottoir de Hollywood Boulevard. Elle y restera.
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