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Yamoussoukro, lundi soir. Un but. Un seul. Suffisant pour l’éternité.
L’ASEC Mimosas a décroché son 30ème titre de champion de Côte d’Ivoire en s’imposant 1-0 face à l’ISCA, à trois journées du terme de la saison. Une victoire sobre, maîtrisée, à l’image d’un club qui n’a plus rien à prouver mais qui continue de prouver. Avec dix points d’avance sur son poursuivant direct, le FC San Pedro, les Mimos sont mathématiquement intouchables. Le championnat est plié.
Trente titres. Le chiffre dit tout et ne dit pas assez. Trente fois le club jaune et noir a dominé le football ivoirien depuis ses débuts en 1948. Trente fois il a imposé sa loi dans un championnat qu’il a contribué à bâtir, à structurer et à élever. Aucun autre club ivoirien n’approche ce palmarès. L’ASEC n’est pas seulement le meilleur club du pays. Il en est l’institution footballistique la plus solide, la plus durable et la plus reproduite.
Julien Chevalier, le technicien français arrivé à la tête du club en 2019, signe avec ce sacre son quatrième titre sur le banc des Mimos. Sa réaction après le coup de sifflet final dit beaucoup sur l’état d’esprit d’un groupe qui a appris à gagner sans fanfare : nous allons profiter de ce sacre avec sérénité. Pas d’emphase. Pas de déclaration tonitruante. Juste la satisfaction tranquille d’un travail accompli. Chevalier a compris quelque chose que peu d’entraîneurs étrangers saisissent aussi vite en arrivant en Afrique : à l’ASEC, gagner est une habitude. Ce qui distingue les grands entraîneurs des autres, c’est la capacité à maintenir cette habitude dans la durée, à l’entretenir comme une exigence quotidienne plutôt que comme un objectif ponctuel.
Du côté des supporters, la ferveur était au rendez-vous. Franck Timothée Tayoro, leur président, a résumé la saison avec une précision qui honore les joueurs : c’est le fruit d’un travail remarquable. Les joueurs ont été récompensés pour leurs efforts. Cette phrase, en apparence banale, dit en réalité quelque chose d’important sur ce que représente l’ASEC pour ceux qui le suivent. Le club n’est pas seulement un objet de passion. C’est un projet collectif dans lequel les supporters se reconnaissent comme acteurs.
Trois journées restent à jouer. Elles ne changeront rien au classement mais elles permettront aux Mimos de terminer en beauté une saison qui restera dans les livres. Le 30ème titre n’est pas un tournant dans l’histoire de l’ASEC. C’est une confirmation. Celle d’un club qui a traversé les crises politiques ivoiriennes, les départs de ses meilleurs joueurs vers l’Europe, les changements de génération et les défis financiers, et qui continue, saison après saison, de revenir là où il a toujours été.
Tout en haut.
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