Par AN | Lementor.net
Le vendredi 7 août 2026, l’agence Moody’s a relevé la note souveraine à long terme du Bénin de B1 à Ba3 avec une perspective stable. Premier relèvement depuis mars 2021. Le Bénin rejoint désormais le groupe restreint des pays d’Afrique subsaharienne bénéficiant d’une notation dans la catégorie Ba, ce qui le rapproche des signatures considérées comme présentant un risque moindre par les investisseurs internationaux.
Moody’s s’appuie sur des données précises. Le PIB du Bénin a progressé de 8,1 % en 2025, soit la croissance la plus élevée enregistrée depuis 1990. L’agence prévoit une croissance annuelle comprise entre 6,5 % et 7 % jusqu’en 2030, soutenue par l’industrialisation, la transformation locale des matières premières et la progression des investissements. Le déficit public a été ramené à 3 % du PIB en 2025, correspondant exactement au plafond fixé dans l’espace UEMOA. Cette performance résulte de l’amélioration des recettes fiscales et d’une meilleure maîtrise des dépenses publiques.
La trajectoire financière du Bénin dit la méthode de son gouvernement depuis plusieurs années. Une émission obligataire dédiée aux Objectifs de développement durable en 2021. Une première levée en dollars américains en 2024. Et en 2026, les premiers pas sur le marché du Sukuk. Cette diversification des instruments de financement dit une équipe économique qui ne dépend pas d’un seul canal et qui prépare le pays à accéder aux marchés dans des conditions de plus en plus favorables. Le relèvement de note par Moody’s est la conséquence logique de cette discipline.
Cette note arrive dans un contexte béninois particulièrement chargé. Patrice Talon vient d’être élu premier président du Sénat le 6 août. Le pays a inauguré sa chambre haute le 30 juillet. Le président Romuald Wadagni, élu en avril 2026 au terme de deux mandats de Talon, hérite d’une économie notée Ba3 et d’un Parlement bicaméral. Ces deux réalités combinées, solidité institutionnelle et crédibilité financière reconnue par les marchés, dessinent le portrait d’un pays qui a choisi la construction sur le long terme.
Dans une Afrique de l’Ouest où plusieurs économies voient leurs notes dégradées sous la pression des déficits, de la dette et de l’instabilité politique, le relèvement béninois dit que la discipline budgétaire et la continuité institutionnelle produisent des résultats mesurables. Ce n’est pas un hasard. C’est le fruit d’une trajectoire assumée sur dix ans. La Côte d’Ivoire, dont la BOAD avait vu sa note Baa1 confirmée par Moody’s en juillet, peut s’y reconnaître. Les deux pays disent que l’Afrique de l’Ouest francophone a des champions financiers dont la sous-région ne parle pas assez.
Leave a comment