Par La Rédaction | Lementor.net
Il y a une semaine exactement, Amad Diallo surgissait à la 90e minute au Lincoln Financial Field de Philadelphie pour délivrer toute une nation. Un but, trois points, et la certitude que ces Éléphants ne venaient pas aux États-Unis pour figurer. Demain samedi 20 juin au BMO Field de Toronto, le vrai test commence. L’Allemagne attend.
Entre la victoire contre l’Équateur et ce match contre les quadruples champions du monde, une semaine s’est écoulée. Une semaine pendant laquelle Emerse Faé et son staff ont travaillé, analysé, préparé. Une semaine pendant laquelle les images des sept buts allemands contre Curaçao ont été disséquées image par image pour comprendre comment fonctionne cette machine et, surtout, où elle est vulnérable. Car toutes les équipes, même les meilleures, ont des vulnérabilités. Et l’art d’un sélectionneur dans un grand tournoi, c’est précisément de les trouver avant le coup d’envoi.
Ce que l’on sait de l’Allemagne à ce stade du tournoi, c’est qu’elle est en forme de rouleau compresseur. Sept buts contre Curaçao, certes un adversaire modeste, mais sept buts qui disent la fluidité d’un système offensif parfaitement huilé. Jamal Musiala a été omniprésent, Florian Wirtz décisif, Kai Havertz clinique. L’entrejeu allemand avec Robert Andrich et Joshua Kimmich a dicté le tempo avec une autorité qui n’a laissé aucun espace à des Curacaoens pourtant vaillants. Et défensivement, les Allemands n’ont concédé qu’un seul but dans un match où ils avaient de toute façon réduit les efforts défensifs au minimum. En résumé : une équipe qui peut gagner facilement et qui peut aussi gagner serré quand il le faut.
Face à cette réalité, la stratégie ivoirienne ne peut pas être celle de la domination. Personne ne domine l’Allemagne dans un match de Coupe du monde. Elle sera celle de la résistance intelligente, de la compacité défensive et de l’efficacité dans les moments où les Éléphants auront le ballon. Ce profil, ces Éléphants savent le tenir. Ils l’ont démontré contre la France, en première période à Nantes, quand ils ont subi sans craquer pour mieux retourner le match en seconde. Ils l’ont démontré contre l’Équateur, qui a touché deux fois la barre transversale sans trouver la faille.
Evan Ndicka et Odilon Kossounou seront le premier rempart face à la puissance offensive allemande. Leur capacité à gérer les appels en profondeur de Musiala et les mouvements dans la surface de Havertz sera déterminante. Seko Fofana et Franck Kessié devront trouver le juste équilibre entre la couverture défensive et la capacité à donner le ballon proprement aux attaquants ivoiriens quand l’occasion se présentera. Et devant, Amad Diallo, Simon Adingra et leurs coéquipiers devront être prêts à faire mal sur chaque transition.
L’enjeu mathématique est simple. Un point contre l’Allemagne, et la qualification en huitièmes de finale devient quasi certaine avant même de jouer Curaçao le 25 juin. Une victoire, et les Éléphants seraient premiers du groupe E, ouvrant la voie vers les huitièmes dans les meilleures conditions. Une défaite, et tout reste ouvert, la Côte d’Ivoire devant alors l’emporter contre Curaçao pour assurer sa qualification.
Mais au-delà des calculs, ce match a une dimension qui dépasse la mathématique. La Côte d’Ivoire n’a jamais battu l’Allemagne en Coupe du monde. Les deux équipes s’étaient croisées à Rio en 2014, dans ce groupe de la mort qui avait vu les Allemands s’imposer deux buts à un dans un match où Didier Drogba avait réduit le score en fin de partie. Ce souvenir est là, quelque part, dans la mémoire collective du football ivoirien. Et demain à Toronto, avec une équipe plus jeune, plus collective, plus solide défensivement que celle de 2014, les Éléphants auront l’occasion de l’effacer.
Emerse Faé avait pris les rênes de cette sélection avec la conviction que les Éléphants pouvaient enfin passer le premier tour d’une Coupe du monde. Chaque résultat depuis mars 2026 lui a donné raison. La France battue à Nantes. L’Équateur battu à Philadelphie. Il manque encore un résultat marquant, quelque chose qui s’imprimerait dans les mémoires comme le symbole de cette génération. Demain soir à Toronto, face à l’Allemagne, l’occasion est là.
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