Par La Rédaction | Lementor.net
Ce samedi 1er août 2026, la Côte d’Ivoire a marqué le troisième anniversaire du décès d’Henri Konan Bédié. Le Sphinx de Daoukro s’était éteint le 1er août 2023 à 89 ans à la Polyclinique internationale Sainte Anne-Marie d’Abidjan. Une messe de requiem a été célébrée à Pepressou, son village natal situé dans le département de Daoukro, en présence de ses proches, de militants du PDCI-RDA et de personnalités venues lui rendre hommage. Des cérémonies de recueillement ont également été organisées à Abidjan selon Le Nouveau Réveil.
Bédié avait été inhumé le 1er juin 2024 à Pepressou dans la stricte intimité familiale, neuf mois après son décès. Ce délai inhabituellement long entre la mort et l’inhumation avait suscité des questions à l’époque. Il s’expliquait par la complexité des négociations entre la famille biologique, le PDCI-RDA et les instances de l’État pour organiser des obsèques nationales à la hauteur du personnage. La coordination des obsèques avait été mise en place le 19 février 2024 sur décision de Tidjane Thiam, nouveau président du PDCI. La cérémonie nationale d’hommage s’était tenue le 24 mai 2024 à l’esplanade du Palais de la Présidence de la République. Ce jour-là, deux semaines de cérémonies religieuses, d’hommages politiques et de rituels traditionnels avaient dit l’ampleur de la figure que Bédié représentait dans l’histoire politique ivoirienne.
Henri Konan Bédié reste une figure dont l’ombre continue de peser sur le paysage politique ivoirien trois ans après sa disparition. Président de la République de 1993 à 1999, renversé par le coup d’État du général Robert Gueï, il avait dirigé le PDCI jusqu’à sa mort. Il est celui qui avait introduit dans le débat politique ivoirien le concept d’ivoirité, notion qui avait contribué à exclure Alassane Ouattara de la présidentielle de 1995 et dont les conséquences politiques et sociales ont traversé toute la décennie suivante. Il est aussi celui qui, en 2010, avait apporté au second tour le soutien déterminant du PDCI à Ouattara contre Gbagbo, contribuant directement à la victoire électorale de son ancien adversaire. Ces deux actes, l’ivoirité et l’alliance de 2010, résument à eux seuls la complexité d’une trajectoire politique que trois ans de recueillement annuel à Pepressou n’ont pas encore entièrement digérée.
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