Par La Rédaction | Lementor.net
Ce samedi 15 août 2026, la localité de Guingreni dans la région de la Bagoué a inauguré son marché de gros de produits vivriers en présence du Professeur Mariatou Koné, ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques et députée-maire de Boundiali. Présenté comme une première dans cette partie du pays, le nouveau marché vise à rapprocher producteurs, commerçants et distributeurs tout en facilitant l’écoulement des récoltes dans une zone qui peine depuis longtemps à connecter ses productions agricoles aux circuits de commercialisation existants.
La Bagoué est l’une des régions du nord ivoirien dont le potentiel agricole est documenté mais dont les producteurs se heurtent régulièrement à trois obstacles structurels que ce marché entend précisément adresser. Le premier est l’absence de débouchés garantis qui oblige les agriculteurs à vendre dans des conditions défavorables à des intermédiaires qui fixent les prix à leur avantage. Le deuxième est la désorganisation des circuits de distribution qui rend difficile pour un acheteur potentiel de connaître les volumes disponibles et pour un producteur de trouver un acheteur solvable sans recourir à un réseau de relations personnelles. Le troisième est le déficit de financement qui empêche les petits producteurs d’attendre le bon moment pour vendre et les force à brader leur récolte dès qu’elle est disponible, même quand les prix sont bas.
Le dispositif prévu pour faire fonctionner ce marché dit que ses concepteurs ont compris ces trois obstacles. L’identification des producteurs et le recensement des productions doivent faciliter les échanges avec les acheteurs et renforcer la visibilité sur les volumes disponibles. Des mécanismes de financement doivent permettre aux acteurs de bénéficier plus facilement d’opportunités de crédit. Et l’organisation des différents intervenants de la chaîne doit rendre les échanges plus fluides et la commercialisation plus transparente. Zahui Koudou Séphérin, représentant le ministère du Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat, a présenté ces mécanismes lors de la cérémonie inaugurale. Ce niveau de détail opérationnel dit que ce marché n’est pas un ruban coupé pour la galerie. C’est une infrastructure pensée pour fonctionner.
Koné Karoua, président des Producteurs individuels de Côte d’Ivoire, a salué l’ouverture de cette plateforme comme une réponse à une préoccupation ancienne des exploitants. Les agriculteurs de la région sont régulièrement confrontés à des difficultés pour acheminer leurs récoltes vers les lieux de vente, trouver des acheteurs et obtenir une rémunération jugée satisfaisante. Il estime que cette initiative pourrait inspirer d’autres localités. Ce dernier point mérite d’être retenu : si Guingreni parvient à faire fonctionner ce marché de façon durable et à démontrer son impact sur les revenus des producteurs, le modèle peut être répliqué dans d’autres zones du nord ivoirien qui connaissent les mêmes difficultés de commercialisation.
Mariatou Koné a saisi l’occasion de l’inauguration pour appeler les populations à privilégier les produits locaux et à contribuer par leurs habitudes de consommation au développement de l’économie ivoirienne. Ce message s’inscrit dans une dynamique nationale que le PND 2026-2030 articule autour de la souveraineté alimentaire et de la valorisation des productions locales. Un marché de gros à Guingreni est un maillon de cette chaîne. Petit dans sa dimension géographique. Potentiellement décisif dans son impact sur les revenus de milliers de familles d’agriculteurs de la Bagoué dont les récoltes méritent mieux que les prix dérisoires d’une vente à la sauvette au bord d’une route nationale.
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