Par La Rédaction | Lementor.net
La Côte d’Ivoire intensifie son dispositif de lutte contre les crimes financiers. Blanchiment de capitaux, corruption et fraude constituent les trois axes prioritaires d’un renforcement qui intervient dans un contexte particulièrement chargé pour la gouvernance financière du pays : le groupe consultatif international vient de mobiliser 47 820 milliards de FCFA d’engagements, la Côte d’Ivoire est toujours sous surveillance renforcée du GAFI en attendant sa sortie prévue en octobre 2026, et l’affaire Koumassi Campement a mis en lumière des défaillances dans la chaîne de contrôle administratif des opérations foncières.
Ce renforcement du dispositif anti-crime financier dit quelque chose d’important sur la stratégie économique ivoirienne. Un pays qui mobilise des milliards d’engagements de la communauté financière internationale doit démontrer que ces fonds seront gérés dans un cadre de gouvernance rigoureux, transparent et protégé contre le détournement. Chaque investisseur privé ou institutionnel qui s’engage sur le PND 2026-2030 pose implicitement la même question : mes fonds seront-ils correctement utilisés ? La réponse que l’État ivoirien apporte en renforçant son arsenal anti-crime financier n’est pas seulement une réponse aux exigences du GAFI. C’est une réponse aux marchés.
La HABG, Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, est au cœur de ce dispositif. Ses enquêtes parallèles aux procédures judiciaires pénales, comme dans le dossier Koumassi où elle instruite sur les conditions administratives ayant conduit à la signature de l’arrêté de remblayage de 2021, lui donnent une capacité d’investigation qui dépasse le seul périmètre pénal. La collaboration entre la HABG, le parquet spécialisé dans les crimes économiques et les services de la Direction générale du Trésor dans le suivi des flux financiers suspects constitue la colonne vertébrale de ce renforcement annoncé.
La sortie prochaine de la liste grise du GAFI en octobre 2026 est l’horizon immédiat de cette politique. Elle suppose une démonstration convaincante que les réformes législatives et institutionnelles adoptées ont effectivement modifié les pratiques sur le terrain. Un arsenal renforcé annoncé publiquement est un signal. Sa mise en œuvre effective dans les mois qui viennent en sera la preuve.
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